Actualisé 06.07.2014 à 18:30

Mondial 2014Le Brésil sans surdoué ni capitaine

La tâche du Brésil s'annonce compliquée avant d'affronter l'Allemagne en demi sans Neymar ni Thiago Silva.

de
Marc Fragnière, Belo Horizonte
Neymar a connu une grosse frayeur.

Neymar a connu une grosse frayeur.

Rien ne rattache historiquement le peuple auriverde aux antiques Gaulois. Il n'en demeure pas moins que les Sud-Américains ont vécu le traumatisme que craignaient les Celtes: le ciel leur est tombé sur la tête vendredi. Et plutôt deux fois qu'une.

Il y a d'abord eu cette charge du genou du Colombien Zuniga sur Neymar. L'idole de la nation souffre d'une fracture de la 3e vertèbre lombaire. Une blessure qui le laissera sur le carreau 40 jours. Fin de tournoi pour le prodige et fin de parcours pour le Brésil? De Rio à Belo Horizonte, on ose à peine évoquer ce scénario du pire. Des experts de la TV au quidam, chacun y va de sa thèse salvatrice. Mais face à une Allemagne inébranlable contre la France, l'absence du surdoué pèsera de tout son poids dans la balance. D'autant plus que ce forfait sera conjugué à celui de Thiago Silva au Stade de Mineirao. Bêtement averti contre la Colombie, le capitaine manquera également à l'appel.

Tous les regards sont désormais tournés vers Luiz Felipe Scolari. Privé de son atout majeur, le sélectionneur devra choisir entre la jeunesse de Bernard et l'impact physique de Willian. Fidèle à son dis­positif en 4-2-3-1 depuis plus d'un an, «Felipao» pourrait encore revoir sa stratégie, en jouant avec trois milieux défensifs et deux attaquants. Il confierait alors l'animation du jeu à Oscar.

En défense centrale, tout porte à croire que Dante sera titularisé. Le défenseur du Bayern Munich en connaît un rayon sur le football allemand. Est-ce que ça suffira? Le doute est permis.

Suspendu au bulletin médical

Du côté argentin aussi, on connaît quelques incertitutes. Habitué à manier la langue de bois tout en délectant son auditoire de pensées philosophiques, le sélectionneur n'a plus besoin de cacher son jeu devant la presse. Les formules alambiquées ne seront d'aucune utilité à Alejandro Sabella, à l'heure d'esquiver les questions pressantes concernant son projet tactique. Car plus que la réflexion du coach, c'est l'état des troupes qui décidera de la composition du onze albiceleste. Le Mondial de Di Maria, sorti pour une élongation à la cuisse droite samedi contre la Belgique (1-0), est probablement terminé. Blessé à la jambe gauche, Agüero était de retour sur le banc face aux «Diables». Il n'est pas entré en jeu. Le Citizen sera-t-il apte à jouer mercredi? Tout un pays l'espère.

Twitter -> @MarcFragniere

L'espoir soutenu par le souvenir

Au plus profond de son désespoir, le peuple brésilien a trouvé réconfort dans l'Histoire. C'est penché sur les pages jaunies des livres garnis de clichés en noir et blanc que les plus anciens content aux plus jeunes l'exploit d'antan. Ils ressassent le souvenir de 1962, lorsque Amarildo avait remplacé Pelé, blessé dès le 2e match du tournoi chilien, celui de la 2e étoile brésilienne. «Des cracks, il y en a 5-6 dans l'équipe du Brésil, jusqu'en 1970 nous étions 22», a toutefois tempéré Amarildo dans «L'Equipe». Et au vu des prestations bré­siliennes depuis le début du tournoi, on voit mal qui pourrait être le Garrincha de 2014...

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