Corruption – Le britannique Petrofac risque 206 millions de francs de sanction
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CorruptionLe britannique Petrofac risque 206 millions de francs de sanction

Accusé de corruption et de blanchiment d’argent sur des contrats avec le Moyen-Orient, le groupe d’ingénierie pétrolière britannique Petrofac attend sa sanction.

Petrofac est spécialisé dans la conception, construction et opération d’infrastructures énergétiques, notamment pétrolières.

Petrofac est spécialisé dans la conception, construction et opération d’infrastructures énergétiques, notamment pétrolières.

AFP

Le groupe d’ingénierie pétrolière britannique Petrofac attendait lundi une sanction de justice qui pourrait aller jusqu’à 240 millions de dollars (plus de 206 millions de francs) pour corruption sur des contrats au Moyen-Orient portant sur près de 3,7 milliards de dollars (plus de 3,1 milliards de francs).

Le SFO (Serious Fraud Office), l’équivalent du parquet financier, avait ouvert en mai 2017 une enquête pour des faits de corruption et blanchiment d’argent. Une audience a eu lieu vendredi devant la Southwark Crown Court, au sud de Londres, et Petrofac a plaidé coupable dans l’affaire.

Les contrats concernés ont une valeur totale «d’environ 3,66 milliards de dollars et des pots-de-vin d’environ 44 millions de dollars avaient été payés pour garantir leur signature», a détaillé vendredi Jonathan Kinnear, le représentant du SFO à l’audience.

Échec reconnu

Petrofac a reconnu avoir «échoué à empêcher d’anciens employés de proposer ou d’exécuter des paiements» entre 2011 et 2017 liés à des projets en Irak, Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.

Le groupe avait averti vendredi soir que l’amende pourrait atteindre «240 millions de dollars» (plus de 206 millions de francs) mais précisait avoir demandé «une réduction substantielle» notamment liée à sa capacité à payer et au fait que l’entreprise est selon elle «une compagnie changée».

L’entreprise a précisé étudier ses options pour se financer, notamment auprès des banques et du marché, ajoutant envisager aussi une augmentation de capital. Son titre évoluait lundi matin en hausse de 4,94% à 182,6 pence à la Bourse de Londres.

Multiples contrats concernés

Un ancien responsable international des ventes du groupe, le britannique David Lufkin, était lui aussi jugé après avoir reconnu des faits de corruption liés à des contrats de plus de 730 millions de dollars (plus de 627 millions de francs) en Irak, 3,5 milliards de dollars (plus de 3 milliards de francs) en Arabie saoudite et 3,3 milliards (plus de 2,8 milliards de francs) aux Émirats arabes unis, selon un communiqué du SFO.

David Lufkin était au cœur d’un «processus complexe pour garantir que les bons paiements ont été effectués aux bonnes personnes au bon moment», avait indiqué Jonathan Kinnear, pour le SFO, vendredi, mentionnant notamment un contrat de 341 millions de dollars (plus de 293 millions de francs) avec le géant gazier russe Gazprom en Irak.

C’est une période profondément regrettable de l’histoire de Petrofac.

René Medori, président du groupe Petrofac

«C’est une période profondément regrettable de l’histoire de Petrofac. Nous nous engageons à ce que cela ne se reproduise plus jamais», avait affirmé fin septembre le président du groupe Petrofac, René Medori, dans un communiqué. L’entreprise est aujourd’hui «profondément différente», avait-il assuré, faisant valoir son «engagement envers les normes les plus élevées en matière d’éthique, partout où nous opérons».

Petrofac est spécialisé dans la conception, construction et opération d’infrastructures énergétiques, notamment pétrolières, sur terre et en mer.

(AFP)

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