Le brocanteur machiavélique devant les juges
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Le brocanteur machiavélique devant les juges

Cet homme de 62 ans passe devant la Cour d'assises de Genève. Il est accusé d'avoir tué un de ses créanciers et d'avoir touché pendant des années les rentes AI et AVS de sa victime.

Le meurtre remonte à 1994. Le brocanteur doit alors beaucoup d'argent à une de ses connaissances, selon l'acte d'accusation. Il décide de se débarrasser de ce créancier. Il l'attire dans son jardin à Athenaz, dans la campagne genevoise, sous prétexte de lui faire élaguer les arbres.

Arrivé sur place, le brocanteur lui tire deux balles dans la tête alors qu'il a le dos tourné. Il lui attache les mains dans le dos et lui met un sac poubelle sur la tête. Le lendemain, l'accusé revient sur les lieux du crime. Il enterre le cadavre de sa victime dans un trou qu'il avait pris soin de creuser avant.

Sans scrupule

Dès lors, le prévenu met un place un stratagème pour faire croire que son créancier est encore en vie. Il prend ses clés et relève le courrier à son domicile. A ce stade, l'acte d'accusation parle de «circonstance aggravante» et d'»une absence particulière de scrupules».

Pendant environ dix ans, il réussit à se faire verser les rentes AI et ensuite AVS de sa victime pour un montant de plus 133 000 francs. Pour ce faire, il crée un personnage et une fiduciaire fictifs chargés d'encaisser les rentes de cet homme qui se serait installé en Espagne.

Il parle trop

Cette diabolique mise en scène prend fin en 2005 avec l'arrestation du brocanteur. Un ami à qui l'accusé avait confié son forfait a en effet commencé à raconter l'histoire dans les cafés. La rumeur a enflé, ont expliqué les avocats du prévenu, Robert Assaël et Vincent Spira.

La défense va tenter de convaincre le jury que rien n'était prémédité et qu'il s'agissait d'un meurtre et non d'un assassinat, comme le prétend l'accusation. Si la Cour d'assises ne retient que le meurtre, il y aura prescription du crime, ont expliqué les avocats du brocanteur.

Lors de ce procès qui doit se dérouler sur quatre jours, seule la famille de la victime est partie civile. La caisse de compensation de la Confédération ainsi que la caisse de compensation des entrepreneurs se sont retirées de la procédure. L'accusé leur a versé 30.000 francs d'indemnités. (ats)

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