Allemagne: Le Bundestag approuve l'aide à la Grèce
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AllemagneLe Bundestag approuve l'aide à la Grèce

Les députés allemands ont approuvé mercredi à une large majorité le troisième plan d'aide à la Grèce. La grogne des conservateurs reste limitée.

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23.09 Comme pour le premier gouvernement Tsipras en janvier, les ministres ont prêté serment en deux fois, dans les locaux de la présidence de la République. Un premier groupe a prêté serment sur l'Evangile, devant des dignitaires religieux orthodoxes. Le second, plus important, a prêté un serment civil au Président de la République Prokopis Pavlopoulos.

23.09 Comme pour le premier gouvernement Tsipras en janvier, les ministres ont prêté serment en deux fois, dans les locaux de la présidence de la République. Un premier groupe a prêté serment sur l'Evangile, devant des dignitaires religieux orthodoxes. Le second, plus important, a prêté un serment civil au Président de la République Prokopis Pavlopoulos.

AFP/Louisa Gouliamaki
21.09 Le Premier ministre grec sortant Alexis Tsipras a gagné un nouveau pari dimanche en menant son parti de gauche radicale Syriza au pouvoir pour la seconde fois cette année. Mais il va devoir gouverner à nouveau avec les souverainistes des Grecs Indépendants (ANEL).

21.09 Le Premier ministre grec sortant Alexis Tsipras a gagné un nouveau pari dimanche en menant son parti de gauche radicale Syriza au pouvoir pour la seconde fois cette année. Mais il va devoir gouverner à nouveau avec les souverainistes des Grecs Indépendants (ANEL).

AFP/Louisa Gouliamaki
18.09 A l'approche des élections législatives un sondage révèle que Syriza, le parti de Tsipras, serait devancé par conservateurs.

18.09 A l'approche des élections législatives un sondage révèle que Syriza, le parti de Tsipras, serait devancé par conservateurs.

AFP/Aris Messinis

Au total, 453 députés sur 631 ont adopté ce programme prévoyant une aide pouvant atteindre 86 milliards d'euros sur trois ans. Seuls 113 élus ont voté contre et 18 se sont abstenus. Parmi ceux qui ont choisi de ne pas soutenir le plan, se trouvent 63 députés conservateurs CDU/CSU. Dix-sept élus du camp de la chancelière n'ont par ailleurs pas participé au vote et trois se sont abstenus.

«Au regard du fait que le parlement grec a déjà adopté une grosse partie des mesures (de réformes), il serait irresponsable de ne pas utiliser cette chance pour un nouveau départ en Grèce», a martelé le ministre des Finances Wolfgang Schäuble, considéré comme le tenant d'une ligne extrêmement dure vis-à-vis d'Athènes.

Avec des si...

«Si la Grèce fait face à ses responsabilités, et si le programme est mis en oeuvre de manière complète et résolue, alors l'économie grecque pourra croître dans les prochaines années», a-t-il dit.

Il a aussi souligné que le premier ministre grec Alexis Tsipras devait certes «faire l'inverse de ce qu'il a promis» à son électorat, mais que les réformes imposées avaient fonctionné en Irlande, en Espagne, au Portugal et à Chypre.

Les élus du Bundestag avaient déjà approuvé le 17 juillet le lancement de négociations sur ce programme. Le oui de la chambre basse du parlement ne faisait aucun doute, la «grande coalition» réunissant les sociaux-démocrates (SPD) et les Unions chrétiennes (CDU d'Angela Merkel et son alliée bavaroise CSU) disposant de 504 sièges sur 631.

CDU/CSU: trois «non» de plus que le 17 juillet

Mais si le SPD soutenait le texte tout comme une partie de l'opposition, la grogne est montée ces dernières semaines dans les rangs conservateurs, malgré les sacrifices imposés aux Grecs.

Ce mécontentement s'est donc matérialisé par 63 «non», soit trois de plus que le 17 juillet, jour où les députés «Abweichler» (déviationnistes, comme la presse les a appelés) avaient été 60 (sur les 311 membres du groupe) à s'opposer à la position de la chancelière, contre 29 en février.

Pour rassembler les troupes, le secrétaire général de la CDU, Peter Tauber, avait jugé que voter contre «reviendrait à poignarder dans le dos la chancelière», dont la popularité reste au zénith.

Klaus-Peter Willsch, seul député CDU partisan du non à s'être exprimé à la tribune, a jugé que l'argument utilisé pour faire adopter ce plan d'aide et qui consiste à dire qu'«Athènes a compris (la nécessité des réformes)» était faux. «J'entends comme auparavant M. Tsipras s'exprimer contre ce qui a été conclu et dire qu'il a été victime d'un chantage», a-t-il déploré.

Défiance vis-à-vis d'Athènes

Les partisans du non surfent sur une opinion publique convaincue d'avoir déjà trop payé pour la Grèce. Selon un sondage publié mi-août, 84% des Allemands disaient ne pas avoir confiance en la volonté de réforme des Grecs et 57% se disaient opposés au 3e plan d'aide.

Pourtant, selon une étude de l'Institut Leibnitz de recherche économique (IWH), l'Allemagne a profité à hauteur de 100 milliards d'euros de la crise de la dette en bénéficiant notamment de taux d'intérêt plus bas pour ses emprunts d'Etat.

Le FMI ne facilite pas la vie de Mme Merkel. Le Fonds monétaire international s'est en effet laissé jusqu'à octobre pour décider de sa participation au plan d'aide, conditionnée à une réduction de la colossale dette grecque jugée «insoutenable».

Les Allemands s'opposent catégoriquement à cette exigence tout en souhaitant pouvoir compter sur le FMI qu'ils considèrent, du fait de son indépendance et de sa rigueur, comme une assurance de voir remboursés les prêts accordés à la Grèce.

Vote aux Pays-Bas

Aux Pays-Bas aussi, les députés devaient aussi voter mercredi sur ce plan d'aide, et le premier ministre Mark Rutte pouvait faire face à une motion de censure. En Autriche, les parlementaires ont donné mardi soir leur approbation au programme. L'adoption de ce plan est nécessaire pour que la Grèce puisse rembourser jeudi 3,4 milliards d'euros à la Banque centrale européenne (BCE). (ats)

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