Le burn-out fait des ravages chez les gardes-frontière
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Le burn-out fait des ravages chez les gardes-frontière

Consciente du problème, la direction des douanes, à Berne, a commandé un audit dont les résultats seront analysés le 19 août.

«Nous estimons entre 10% et 20% les signes de burnout frappant le personnel à Genève», assène d'emblée Eicher André, le secrétaire général du syndicat Garanto. «Plusieurs cas nécessitent actuellement des traitements médicaux lourds», révèle encore le syndicaliste.

«Vivre durablement en sous-effectif de près de 20% a conduit à une situation de malaise à Genève», reconnaît sans ambages le commandant de la Région VI, Alain Brenneisen. «On a pris l'habitude de faire avec les moyens du bord», concède-t-il. «Le taux de sous-effectif s'élève à environ 10% dans les cantons de Vaud et Valais», estime de son côté le capitaine de la Région V, Etienne Schaller. «Nous ne sommes donc pas confrontés aux mêmes problèmes de surmenage qu'à Genève», souligne-t-il.

Reste que les chiffres genevois, qui donnent froid dans le dos, sont connus de la direction générale des douanes. A Berne, on préfère cependant attendre les résultats de l'audit avant de parler de situation de crise.

«Nous sommes conscients du problème», admet Jurg Noth à la direction générale. «C'est pour cela que l'ensemble du personnel genevois, soit plus de 315 collaborateurs, a été interrogé. Les résultats de l'étude serviront à mesurer l'ampleur du problème. Nous communiquerons les mesures à prendre après la réunion du 19 août à Berne», concède-t-il du bout des lèvres.

«C'est vrai qu'une partie de nos collaborateurs vit dans le stress», reconnaît le responsable de communication Thomas Schrämli «Dans l'immédiat, nous allons combler la pénurie d'effectifs avec du personnel recruté dans les autres régions de Suisse», promet-il.

Etat de crise ou non, les principaux responsables s'accordent tous à reconnaître que les conditions de travail, la gestion du personnel et la formation au sein du corps de gardes-frontière avaient un urgent besoin d'être passées en revue.

Giancarlo Mariani/cpa

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