Le cadavre de Gerold résiste aux experts
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Le cadavre de Gerold résiste aux experts

Le tueur qui s'est donné la mort et ses deux victimes sont entre les mains des mêmes médecins.

La semaine dernière, Beat Horisberger et Bettina Scharg, de l'Institut universitaire de médecine légale, ont autopsié les corps de l'ex-championne de ski Corinne Rey-Bellet et de son frère, Alain. Ils se sont penchés ensuite sur le cadavre de l'assassin et mari de la Valaisanne. Mission: déterminer l'heure à laquelle il s'est fait justice, élément déterminant pour l'enquête.

Et Gerold Stadler donne du fil à retordre aux experts chargés de

déterminer l'heure de sa mort. Ils ont autopsié la championne de ski Corinne Rey-Bellet et son frère. Puis ils ont examiné quelques jours plus tard le

corps de leur meurtrier présumé. Les médecins de l'Institut universitaire de médecine légale (IUML) Beat Horisberger et Bettina Schrag les ont examinés «avec la même objectivité». Une situation rare, mais pas exceptionnelle.

Seule particularité, dans le cas de Gerold Stadler: la difficulté à évaluer au mieux l'heure de sa mort. Un élément déterminant dans l'enquête. Le suicide remonte à 36 heures au moins avant la découverte du cadavre, le 3 mai, en lisière de forêt, à Huémoz. Des conditions moins favorables que s'il était resté cloîtré dans un appartement.

Lorsque l'homme a été retrouvé, la température ambiante de 13 degrés était proche de celle du cadavre. «Ce qui nous pose problème pour estimer l'heure», explique Beat Horisberger. Du coup, MétéoSuisse a été appelé exceptionnellement à la rescousse. L'analyse des variations de température des lieux sera très utile. Mais sans doute pas suffisante dans ce «cas limite».

Par chance, les médecins comptent sur une seconde piste: l'entomologie forensique. L'étude repose sur la présence d'insectes. Gerold Stadler a livré ses derniers secrets aux experts. Il sera enterré vendredi à Abtwil (SG), où il résidait avec sa femme, Corinne Rey-Bellet.

Sophie Roselli

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