Sierre (VS): Le cadre viré pour viols a été acquitté par la justice

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Sierre (VS)Le cadre viré pour viols a été acquitté par la justice

Le Tribunal a suivi la défense, qui affirmait que les relations entre le prévenu et une subalterne étaient consenties. De quoi peser sur la procédure que l'homme a lancée contre son ex-employeur.

par
Christian Humbert
Le tribunal a suivi les arguments de la défense. Mais un appel est toujours possible.

Le tribunal a suivi les arguments de la défense. Mais un appel est toujours possible.

Keystone/AP/Image prétexte

Il a retrouvé son honneur, pas son statut. Du moins, pas encore. Un ex-cadre d'une société regroupant plusieurs succursales en Suisse a été acquitté mercredi sur toute la ligne par le tribunal de Sierre des accusations d'abus sexuels et de contraintes portées par une subalterne.

Sans formation, cette mère de famille divorcée était passée en deux ans du statut de vendeuse-auxiliaire à celui de gérante d'un des magasins de la société. Ses promotions successives auraient été faussement attribuées au prévenu, un quinquagénaire co-responsable de sept des magasins de la chaîne. L'homme était accusé d'avoir profité de sa situation pour forcer la dame à entretenir des relations sexuelles, des années durant.

Ce n'est pas lui qui a décidé de ces promotions

Lors de l'audience, lundi, Me Yves Cottagnoud avait insisté sur le fait que ce n'était pas son client qui avait décidé de ces promotions successives. Il avait aussi affirmé que les relations sexuelles que le prévenu avait entretenues avec la plaignante étaient consenties.

Certes, l'homme entretenait plusieurs liaisons et fréquentait des prostituées. Mais l'avocat avait insisté: «Il ne faut pas confondre moralité et pénal.» Ce chef n'avait fait aucune pression sur sa subalterne au fort caractère pour qu'elle couche avec lui, avait soutenu la défense.

Pour la procureure, c'était tout le contraire et elle avait requis 30 mois de prison, dont 6 mois ferme. Elle peut du reste encore faire appel de l'acquittement prononcé mercredi.

«Il n'y avait rien de concret dans ce dossier, a commenté Me Cottagnoud. Il a laissé sa vie dans cette affaire. Il a fait une grosse dépression et il est d'ailleurs rentier AI. Cette décision judiciaire va l'aider à se reconstruire.»

Procédure contre son ex-employeur

Son client avait été licencié dès que la société avait eu vent des accusations portées par la gérante. Le quinquagénaire est toujours en procès «pour une somme très importante» contre son ancien employeur. «Ses qualifications étaient excellentes. Il a reçu des primes tout au long de sa carrière. Il a été licencié pour faute alors qu'il n'y en a pas eu», a conclu l'avocat valaisan.

L'acquitté va recevoir une indemnité du Canton pour les neuf jours qu'il a passés en détention préventive. Les frais du procès de cette semaine ont été mis à la charge du canton.

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