Le café à 5.- unaniment rejeté
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Le café à 5.- unaniment rejeté

L'idée de la Fédération suisse des cafetiers (SCV) d'imposer une taxe minimale de cinq francs à chaque client, quelle que soit sa consommation, suscite la désapprobation générale.

Le surveillant des prix Rudolf Strahm la juge «contre-productive».

«Il y aura suffisamment de concurrents qui n'appliqueront pas la taxe et qui profiteront par conséquent de la situation», a dit à l'ATS M. Strahm, revenant sur une information publiée dimanche dans le «Sonntagsblick». Monsieur Prix souligne que cette proposition va engendrer un problème d'image pour les cafés.

La SCV, dont l'énorme majorité des membres sont alémaniques et qui ne regroupait anciennement que des cafés sans alcools, cherche des solutions pour assurer la viabilité de ses membres. Cette organisation ne représente toutefois qu'une tout petite part des restaurateurs, en gros un millier sur quelque 28 000 en Suisse.

«Ridicule»

Jean-Luc Piguet, vice-président de la Société des cafetiers, restaurateurs et hôteliers de Genève, qualifie leur idée de «pure folie». «C'est ridicule. En tant que commerçant, je n'oserais pas mener une discussion telle que celle-là dans le public», a-t-il ajouté.

M. Piguet, dont l'organisation est membre de l'association faîtière Gastrosuisse, ajoute ne pas entretenir de contacts avec la SCV. «Cette organisation ne participe pas aux discussions qui touchent la branche, ni aux négociations sur les conditions de travail», a-t-il déclaré.

A la Fondation alémanique de protection des consommateurs (SKS), Jacqueline Bachmann estime que cette proposition relève d'un «toupet exceptionnel». Une telle taxe aurait pour but de faire fuir les clients. «Subventionner les restaurateurs avec une taxe, non merci!», s'est-elle exclamée.

La concurrence doit fonctionner

Elle estime que reporter sur les consommateurs la surabondance de l'offre n'a «rien d'innovant». Mme. Bachmann prône au contraire de faire jouer la concurrence, laquelle est à même d'assainir les structures de la branche, comme dans l'agriculture.

Il y a deux ans, la SCV avait déjà fait parler d'elle en préconisant de limiter la concurrence par des mesures destinées à empêcher à de nouveaux bistrots d'ouvrir leurs portes. La Fédération des cafetiers avait alors émis l'idée de restreindre la possibilité de se lancer dans cette activité aux aspirants cafetiers insuffisamment dotés en fonds propres.

La SCV souhaitait que les propriétaires d'établissements publics puissent se prévaloir de 6000 francs de fonds par place offerte à la clientèle. Les locataires de cafés auraient dû se prévaloir de 2000 francs. L'idée n'a jamais été mise en oeuvre. (ats)

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