Actualisé 24.10.2014 à 11:18

Saint-Gall

Le calvaire d'un avocat séquestré devant la justice

Deux Tchèques, accusés d'avoir enlevé un avocat et politicien thurgovien en mars à Saint-Gall, sont jugés depuis ce vendredi à Hof (All).

de
taw/dmz
Les ravisseurs ont été immortalisés par une caméra de surveillance à Eglisau (ZH). Ils achetaient des provisions.

Les ravisseurs ont été immortalisés par une caméra de surveillance à Eglisau (ZH). Ils achetaient des provisions.

L'affaire est digne des meilleurs films. En mars dernier, une habitante d'un village de Bavière reçoit une visite plus qu'inattendue. Un quinquagénaire sonne à sa porte et lui déclare avoir été enlevé quelques heures plus tôt dans le parking souterrain d'un hôtel de Saint-Gall. La victime est un avocat, membre du Conseil municipal d'Amriswil (TG).

Le procès de ses ravisseurs présumés, deux Tchèques de 22 et 24 ans, commence ce vendredi à Hof (All). Ils doivent répondre de prise d'otage. Selon l'acte d'accusation, ils se seraient rendus en Suisse avec l'intention de «gagner illégalement de l'argent», ce fameux 29 mars 2014. Ils seraient descendus dans le parking pour repérer des véhicules à voler.

Menacé avec une arme

Selon le Ministère public allemand, les accusés n'auraient pas prémédité leur coup. Les caméras de surveillance du parking ont en effet montré qu'ils avaient déjà tenté de s'en prendre à une femme qui s'approchait de sa voiture, mais ont été dérangés. L'un d'eux avait «une arme à la main».

L'avocat a été sommé de remettre ses clés et son portefeuille. Puis, sous la menace d'un pistolet, il a été forcé à s'installer sur le siège arrière. La voiture est partie à 10h du matin en direction de Zurich. Les ravisseurs présumés ont ensuite exigé de la victime qu'elle leur donne ses cartes de banque et de crédit et les codes qui vont avec. A 11h37, un retrait de 750 francs a été effectué à Zurich. Puis, trois autres pour des valeurs entre 100 et 300 francs. Le voyage s'est ensuite poursuivi vers l'est. Le trio a franchi la frontière germano-suisse. Destination finale: la République tchèque.

Mais après 500 km de cavale, la voiture s'est arrêtée sur un chemin de terre, près de Kautendorf (All). L'avocat a été prié de descendre et menacé de mort. Les malfrats ont ensuite changé d'avis et l'ont laissé partir, avant de prendre la route avec son téléphone portable et une montre d'une valeur d'environ 10'000 euros (12'000 francs), en plus de l'argent et de la voiture. Il s'est alors rendu dans la maison la plus proche. Il y a raconté son histoire et prévenu la police. Les ravisseurs présumés ont été arrêtés peu après, toujours en Allemagne.

Motif peu clair

Cet enlèvement est-il vraiment le fruit d'une opportunité? Le procès devra trancher. Car après les faits, les rumeurs sont allées bon train. En effet, la victime n'est pas seulement avocat et politicien. Il est aussi inscrit au registre du commerce comme directeur de la société de construction Nemesis. Selon une enquête du magazine allemand «Beobachter», cette dernière aurait du mal à payer les artisans qu'elle engage. Ses dettes se monteraient à 1,3 million de francs. De plus, certains propriétaires d'appartements construits pas ses soins se plaindraient de nombreuses malfaçons. Interrogée, la victime a réfuté ces allégations.

Le procès durera plusieurs semaines. L'avocat se rendra mi-novembre en Allemagne pour témoigner. Les accusés risquent des peines de prison pouvant aller jusqu'à 15 ans.

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