Indonésie: Le calvaire des salariés d'Ivanka Trump à Subang
Actualisé

IndonésieLe calvaire des salariés d'Ivanka Trump à Subang

Le «Guardian» a enquêté sur les conditions de travail des employés de la marque Ivanka Trump en Indonésie. Son constat est dramatique.

par
joc

Femme d'affaires accomplie, Ivanka Trump possède sa propre marque de vêtements, qu'elle fait concevoir en Asie alors que son père prône l'achat nationaliste. «The Guardian» a voulu savoir dans quelles conditions les employés de la fille du président travaillaient. Et le constat du quotidien britannique est alarmant: salaires extrêmement bas, éloignement familial, intimidations, les salariés d'Ivanka Trump vivent un véritable calvaire. Certains employés travaillant dans une usine de Subang se sont confiés aux enquêteurs du «Guardian».

Alia, une travailleuse ayant pris un prénom d'emprunt, explique qu'elle vit avec son époux dans des conditions difficiles. Ses enfants habitent chez leur grand-mère, à plusieurs heures de route de chez elle. Quand ils ont assez d'argent pour faire le plein d'essence, Alia et son époux vont rendre visite à leur progéniture, à raison d'un week-end par mois. Son salaire: 162 francs par mois. Forcément, lorsque cette employée a entendu parler du livre d'Ivanka Trump intitulé «Women Who Work» (Les femmes qui travaillent), elle n'a pu s'empêcher de rire jaune. «Pour moi, une vie équilibrée est quand tu peux voir tes enfants plus d'une fois par mois», estime l'Indonésienne.

Salaire de misère et insultes

Sita, 23 ans, est au bout du rouleau. La jeune femme a pris ce travail il y a sept mois pour soutenir ses parents malades. Aujourd'hui, elle est épuisée par ses heures supplémentaires et touche, elle aussi, un salaire de misère, similaire à celui d'Alia. La jeune femme aimerait quitter Subang et gagner plus d'argent ailleurs. «Mais je ne sais pas encore où aller, je ne connais personne», déplore-t-elle.

Les femmes ont droit à certains avantages très relatifs: un congé maternité de 3 mois, une assurance santé et un bonus mensuel de 10 francs si elles ne prennent pas de congé en période de menstruations. En outre, sept personnes interrogées par le «Guardian» ont raconté avoir déjà été traitées d'«animal», de «singe» ou d'«idiot». En mai dernier, un militant qui enquêtait sur une usine de chaussures produisant pour le compte de la marque Ivanka Trump en Chine avait été placé en détention, alors que deux autres ont disparu.

Ton opinion