Actualisé 07.06.2006 à 21:24

Le Cameroun veut éradiquer le «repassage» des seins

Une vaste campagne de sensibilisation vient d'être lancée. Elle dénonce une tradition qui meurtrit le corps des femmes.

Dans le cadre d'un programme germano-camerounais, deux anthropologues, le Dr Flavien Ndonko et Germaine Ngo'o, se sont penchés sur le phénomène du repassage des seins. Résultat de leur étude du modelage des seins au Cameroun auprès de 5661 filles et femmes de 10 à 82 ans: un quart (24%) des Camerounaises ont vu leurs seins naissants écrasés.

Cette mutilation est surtout pratiquée par les mères à l'aide d'instruments chauffés: pilon, pierre, spatule ou encore à l'aide de couscous chaud, de cataplasmes de peaux de banane ou à l'aide de fourmis.

Son but? Protéger le plus longtemps possible les jeunes filles des regards concupiscents des hommes et du risque d'une éventuelle grossesse qui jetterait le discrédit sur une famille.

«Si demain on apprend que les hommes aiment les cheveux, les oreilles, le nez... des femmes, va-t-on tout couper pour qu'ils ne les regardent pas? On ne peut pas mutiler la femme parce que l'on pense que l'homme ne peut pas se contrôler. L'homme n'est pas un animal», relève le Dr Flavien Ndonko.

(gco)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!