Actualisé 29.10.2017 à 16:52

CatalogneLe camp du maintien en Espagne défile en masse

Un million de Catalans qui souhaitent rester dans le giron de Madrid ont manifesté dimanche à Barcelone.

Un million de personnes ont manifesté dimanche à Barcelone en faveur de l'unité de l'Espagne, selon l'estimation livrée par la préfecture, représentant l'Etat en Catalogne. La police municipale a pour sa part estimé que 300'000 personnes avaient participé au défilé où flottaient des milliers de drapeaux de l'Espagne et de la Catalogne. Les organisateurs avançaient pour leur part, à la fin de la manifestation, le chiffre de 1,3 million.

La manifestation s'est dispersée dans le calme après avoir défilé sur le Paseig de Gracia, inondé de drapeaux espagnols et catalans, et où résonnait régulièrement le slogan «Puigdemont, en prison!», en référence au président indépendantiste catalan destitué vendredi par Madrid. «Je suis ici pour défendre l'unité de l'Espagne et le droit», a dit Alfonso Machado, un commerçant de 55 ans, brandissant un drapeau espagnol.

«Tragédie historique»

La «déclaration unilatérale d'indépendance est illégale et illégitime», c'est «une folie qui nous a conduits au précipice», a aussi déploré un des organisateurs, Alex Ramos, rappelant que les indépendantistes n'avaient obtenu que 47% des voix lors des élections régionales de 2015.

Dans un discours vibrant, l'ancien président du Parlement européen Josep Borrel, un socialiste catalan, a fustigé les séparatistes, responsables selon lui «d'une tragédie historique»: la «fuite» d'un tiers des entreprises de plus de 50 salariés, qui ont transféré leur siège social hors de Catalogne, effrayées par l'instabilité.

Il a appelé les électeurs à se mobiliser en masse le 21 décembre pour vaincre les partisans de l'indépendance. «Peut-être que nous en sommes là parce que nombre d'entre nous ne sont pas allés voter aux élections. Nous avons désormais une opportunité unique. Cette fois, personne ne doit rester chez lui», a-t-il dit.

Vendredi soir ils avaient été des dizaines de milliers à célébrer la naissance de leur «République» dans plusieurs villes de Catalogne, divisée à parts quasiment égales sur la question de l'indépendance.

Appel à la résistance pacifique

Le gouvernement du conservateur de Mariano Rajoy a mis en oeuvre le soir même, après autorisation du Sénat, l'article 155 de la Constitution pour prendre les rênes de la région et y «restaurer l'ordre constitutionnel».

Le président déchu de la Catalogne, Carles Puigdemont, a toutefois appelé samedi les partisans de l'indépendance à s'opposer démocratiquement à l'administration directe de la région par le pouvoir central.

«Nous continuons à persévérer dans la seule attitude qui peut nous faire gagner. Sans violence, sans insultes, (...) en respectant les gens et les symboles, et aussi en respectant les protestations des Catalans qui ne sont pas d'accord avec ce qu'a décidé la majorité parlementaire», a-t-il dit.

Dénonçant un «coup d'Etat contre la Catalogne», son numéro deux, Oriol Junqueras, a affirmé dimanche dans une tribune que lui-même ne reconnaîtrait pas les décisions de Madrid. Il a assuré que M. Puigdemont «est et restera le président» de la région «au moins jusqu'au jour où les citoyens décideront du contraire lors d'élections libres».

Perte de la majorité

Selon un sondage du quotidien El Mundo, opposé à la sécession de la Catalogne, les indépendantistes perdraient la majorité lors des élections du 21 décembre, en n'obtenant au maximum que 65 des 135 sièges.

Cette enquête, réalisée avant la déclaration d'indépendance, pronostique une courte victoire des partis anti-indépendantistes, avec 43,4% des voix contre 42,5% des voix aux indépendantistes. Par ailleurs, la Belgique pourrait offrir l'asile à M. Puigdemont, a laissé entendre le secrétaire d'Etat belge à l'Asile Theo Francken, membre du parti indépendantiste flamand de la Nouvelle alliance flamande (N-VA). Ces propos ont suscité la colère du parti conservateur au pouvoir en Espagne. (nxp/ats/afp)

(NewsXpress)

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