Tunisie - Présidentielle: Le camp Essebsi se dit en tête, Marzouki tempère
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Tunisie - PrésidentielleLe camp Essebsi se dit en tête, Marzouki tempère

Près de 5,3 millions de Tunisiens sont appelés aux urnes dimanche pour élire leur président pour la première fois depuis la révolution de 2011.

Les électeurs ont le choix entre 27 candidats.

Les électeurs ont le choix entre 27 candidats.

Un deuxième tour se dessinait en Tunisie après l'élection présidentielle historique de dimanche. Vingt-sept candidats participaient à ce scrutin, dont le chef de l'Etat sortant et le dirigeant du parti vainqueur des législatives. Le second a affirmé être en tête, alors que le premier a parlé de résultats au coude-à-coude.

Peu après la fermeture des bureaux de vote, à 18h00, le directeur de campagne de Béji Caïd Essebsi a déclaré à la presse que le candidat de l'alliance laïque Nidaa Tounes arrivait en tête avec au moins 10 points d'avance.

Béji Caïd Essebsi, un ancien responsable tunisien, et le président par intérim sortant Moncef Marzouki, représentant le parti islamiste Ennahda, sont les grands favoris du scrutin, point d'orgue de la transition démocratique souvent chaotique entamée après la «révolution de jasmin» de 2011. Les résultats officiels sont attendus d'ici mardi.

«Essebsi est en tête selon les résultats préliminaires, avec un gros avantage sur le candidat suivant», a déclaré son directeur de campagne, Mohsen Marzouk. «Il y a de grandes chances qu'il y ait un second tour», a-t-il ajouté.

L'équipe de campagne de Moncef Marzouki a assuré de son côté que le candidat islamiste serait présent au second tour, qui aurait dans ce cas lieu au mois de décembre, sans fournir de résultats chiffrés.

Les partis politiques ont des délégués dans les bureaux de vote, ce qui leur permet de superviser le dépouillement et de fournir des résultats officieux.

«Un grand jour»

Depuis la chute de Zine El Abidine Ben Ali en 2011, première victime du «printemps arabe», la Tunisie s'est dotée d'une nouvelle Constitution. Les partis laïcs et islamistes ont dans l'ensemble réussi à s'entendre pour éviter au pays de sombrer dans le chaos, comme les autres Etats dont les régimes autoritaires ont été renversés ou contestés par des mouvements populaires.

L'élection présidentielle fait suite aux législatives d'octobre lors desquelles les Tunisiens ont placé en tête l'alliance laïque Nidaa Tounes devant les islamiste d'Ennahda qui avaient remporté celles de 2011.

«C'est une nouvelle fois un grand jour dans l'histoire de la Tunisie», a commenté Mouna Jeballi une électrice de Tunis. «Désormais, nous sommes le seul pays du monde arabe qui ne sait pas quel sera le nom de son président avant la fin du scrutin.»

Prérogatives limitées

La plupart des observateurs estiment que ni M. Essebsi, un ancien cadre du régime Ben Ali âgé de 87 ans, ni M. Marzouki ne devraient obtenir la majorité absolue.

.Afin d'éviter un retour à la dictature, la nouvelle Constitution donne des prérogatives assez limitées au président mais l'élection au suffrage universel lui confère un poids politique important. Selon la nouvelle Constitution, l'essentiel du pouvoir exécutif dépend du futur Premier ministre issu de la majorité parlementaire.

Manifestation anti-Marzouki

«L'opération de vote se déroule dans des conditions normales», a jugé en fin d'après-midi le président de l'ISIE, Chafik Sarsar. Les bureaux de vote ont fermé comme prévu à 18h00 (locales et suisses). A l'issue du scrutin, aucun incident majeur n'a été signalé, même si la campagne de Moncef Marzouki a accusé des partisans de M. Essebsi d'avoir voulu l'attaquer.

Près de 5,3 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes, après la tenue des législatives dont le caractère démocratique a été salué par la communauté internationale. Une exception dans la région, l'essentiel des pays du Printemps arabe ayant basculé dans la répression ou le chaos.

Premières élections libres

Le vainqueur sera appelé à présider la Tunisie pendant cinq ans, un mandat renouvelable une seule fois.

C'est la première fois que les Tunisiens peuvent voter librement pour leur chef d'Etat depuis l'indépendance en 1956. Habib Bourguiba se maintenait aux commandes du pays par des plébiscites avant de devenir «président à vie». Zine El Abidine Ben Ali, qui a renversé son prédécesseur en 1987, n'hésitait pas à falsifier les élections durant ses 23 ans à la tête de la Tunisie.

M. Marzouki s'est efforcé de se poser en candidat naturel de la révolution, par opposition à M. Caïd Essebsi qui a servi comme ministre sous Bourguiba et présidé brièvement le Parlement de Ben Ali. (ats/afp)

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