Genève: Le canard perdu se plait bien sur le Léman
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GenèveLe canard perdu se plait bien sur le Léman

Un fuligule à bec cerclé, canard nord-américain, s'est installé au Port des Pâquis. Il pourrait s'être perdu après une tempête.

par
Lucie Fehlbaum
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En bas, le fuligule à bec cerclé et en haut, son cousin le fuligule morillon.Les deux mâles dorment, avec un il ouvert. On repère le fuligule à bec cerclé à ses flancs gris et blancs et l'absence de huppe ébouriffée.

En bas, le fuligule à bec cerclé et en haut, son cousin le fuligule morillon.Les deux mâles dorment, avec un il ouvert. On repère le fuligule à bec cerclé à ses flancs gris et blancs et l'absence de huppe ébouriffée.

Gottlieb Dandliker
Le fuligule à bec cerclé, photographié au Port des Pâquis par l'inspecteur cantonal de la faune.

Le fuligule à bec cerclé, photographié au Port des Pâquis par l'inspecteur cantonal de la faune.

Gottlieb Dandliker
Le fuligule à bec cerclé a profité de quelques jours de beau temps depuis son arrivé à Genève.

Le fuligule à bec cerclé a profité de quelques jours de beau temps depuis son arrivé à Genève.

JM Mitterer

Depuis deux semaines, au Port des Pâquis, un drôle d'oiseau s'est mêlé à la faune. C'est un fuligule à bec cerclé, originaire d'Amérique du nord et très rare dans nos contrées. Il s'est plu sur le Léman où il a rencontré d'autres fuligules, morillon cette fois, ses cousins de Sibérie et de Scandinavie. Ces-derniers migrent vers le sud au moment des grands froids. Le fuligule américain aussi, mais il ne quitte généralement pas son continent. Selon Gottlieb Dandliker, inspecteur cantonal de la faune, il pourrait s'être perdu suite à une tempête. «Une bourrasque l'a peut-être fait dévier. Il peut aussi avoir un problème de navigation interne. Il y a une toute petite chance pour qu'il ait été transporté par des humains.» Dans tous les cas, le fuligule est un oiseau «accidentel» à Genève, «dont les ornithologues raffolent».

La moule zébrée

Il est arrivé tout seul mais a rapidement sympathisé avec ses congénères scandinaves ou sibériens, qui lui ressemblent sans être identiques. La bande partage les mêmes repas, de la moule zébrée, et les mêmes horaires: pêche la nuit, repos le jour. «Au printemps, il va migrer. Il peut rentrer chez lui ou suivre le groupe en Scandinavie», explique Gottlieb Dandliker. Mais le destin pourrait jouer des tours au fuligule américain s'il choisit cette-dernière option. «Il risque d'être rejeté par les femelles, très exigeantes. Il ne correspond pas exactement à leurs critères, basés sur la beauté et la parade.» L'hiver prochain, il se pourrait que le volatile s'installe à nouveau au Port des Pâquis. «Les oiseaux sont fidèles, d'année en année ils peuvent se poser exactement au même endroit, à côté de la même bouée.»

Premier depuis 20 ans

Le Léman n'avait pas accueilli de fuligule à bec cerclé depuis fort longtemps. L'inspecteur cantonal de la faune se souvient d'une femelle il y a vingt ans, à Founex. «Pour le Journée internationale des zones humides, le 2 février, nous organiserons une excursion pour présenter l'oiseau au public.» Et en attendant, les amateurs peuvent partager leurs observations sur www.faunegeneve.ch

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