Progression dramatique: «Le cancer tue plus que le sida, la tuberculose et la malaria réunis»
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Progression dramatique«Le cancer tue plus que le sida, la tuberculose et la malaria réunis»

Onze millions de nouveaux cas ont été recensés dans le monde en 2000. Les pays en développement doivent faire face à l'augmentation des coûts pour la santé.

Le président de l'UICC Franco Cavalli a appelé mercredi les gouvernements à donner autant d'attention à la lutte contre le cancer qu'à celle contre le sida.

A l'ouverture du congrès de l'Union internationale contre le cancer (UICC), rassemblant à Genève près de 2500 spécialistes jusqu'à dimanche, l'oncologue suisse a déploré «l'explosion des cas» dans les pays en développement.

Onze millions de nouveaux cas ont été recensés dans le monde en 2000. Si les tendances actuelles se confirment, 18 millions sont pronostiqués en 2020 et en 2030 26 millions de cancers pourraient être décelés chaque année, a indiqué Franco Cavalli.

Appel au G8

«Le cancer tue plus que le sida, la tuberculose et la malaria réunis», a déclaré le président de l'UICC et ex-conseiller national socialiste tessinois. Et dans les pays pauvres, il n'y a pratiquement pas de moyens à disposition pour le diagnostic et le traitement.

«Il faut convaincre les autorités politiques, par exemple les chefs d'Etat et de gouvernement du G8, de mettre le cancer à l'ordre du jour de leurs réunions, comme ils l'ont fait pour le sida», affirme Franco Cavalli.

Dans les pays en développement, de 5 à 15 % des cancers sont guéris chez les enfants, alors qu'ils sont plus de 80 % à survivre dans les pays riches, note le spécialiste.

Dépenses «catastrophiques»

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le cancer est responsable de 7,9 millions de décès par an dans le monde, dont plus de 72 % surviennent dans les pays en développement.

«Le moment est venu de faire de la lutte anticancéreuse une priorité du développement», a renchéri la directrice générale de l'OMS le Dr Margaret Chan.

Les maladies comme le cancer sont «l'une des principales causes de ce que l'on appelle les dépenses de santé catastrophiques», a-t- elle souligné. Les exigences de soins chroniques peuvent amener un système de santé fragile au point de rupture, a expliqué le Dr Chan.

Couchepin: soins palliatifs

Pour sa part, le président de la Confédération Pascal Couchepin a insisté sur la nécessité de promouvoir les soins palliatifs. «La promotion des soins palliatifs en Suisse est l'une de mes priorités comme ministre de la santé», a déclaré Pascal Couchepin aux côtés du président de l'Uruguay Tabaré Vazquez, oncologue de formation.

Pour lui, il s'agit d'un changement de paradigme: «notre objectif passe du traitement à n'importe quel prix aux soins et au respect de l'intégrité et de la dignité de la personne», a-t-il souligné, en insistant sur la dimension ethique du problème.

La cancer est la deuxième cause de mortalité en Suisse, a rappelé le conseiller fédéral, après les maladies cardio- vasculaires. Entre 50 000 et 60 000 nouveaux cas de cancer sont recensés chaque année en Suisse, avec près de 15 000 décès.

Prix exorbitants

La Ligue suisse contre le cancer a demandé de lutter contre la hausse des prix des médicaments, qui interdit l'accès aux nouvelles thérapies à une grande partie des malades.

«Les prix des nouveaux médicaments anticancéreux sont de plus en plus exorbitants, non seulement dans les pays en voie de développement, mais aussi dans les pays européens. Nous avons besoin d'une initiative globale pour combattre cette évolution», a déclaré le président de la Ligue suisse contre le cancer le Dr Thomas Cerny.

Pour sa part, l'Association suisse pour la prévention du tabagisme a demandé au Conseil fédéral une nette augmentation des taxes sur le tabac d'ici à la fin de 2009 en Suisse.

Les hausses fiscales sur les produits du tabac réduisent efficacement la consommation, affirme l'Association. Un paquet de cigarettes devrait coûter 7 francs 50, selon elle, pour prévenir le tabagisme, cause majeure de cancer.

(ats)

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