Croatie: Le candidat de l'opposition en tête de la présidentielle
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CroatieLe candidat de l'opposition en tête de la présidentielle

Le social-démocrate Ivo Josipovic était bien placé pour remporter l'élection présidentielle dimanche en Croatie.

Des sondages à la sortie des bureaux de vote le donnait largement gagnant en soirée, devançant le maire de Zagreb, l'indépendant Milan Bandic.

M. Josipovic a obtenu 64,6% des voix tandis que son adversaire en a recueilli 35,4%, selon deux sondages aux résultats identiques effectués auprès de 10'000 personnes et rendus publics par les chaînes privées RTL Croatie et Nova TV peu après la clôture du vote, à 19h00

Ces sondages ne tiennent pas compte des électeurs de la diaspora qui représentent 400'000 des quelque 4,4 millions d'inscrits. Les premiers résultats officiels étaient attendus vers minuit.

Cris de joie

L'annonce des chiffres issus des sondages a été accueillie par des cris de joie au siège de campagne du Parti social-démocrate (SDP). Un haut responsable du SDP, Igor Dragovan, a déclaré à la presse que cette formation s'attendait à une large victoire de M. Josipovic.

«La Croatie a élu aujourd'hui son troisième président» depuis l'indépendance proclamée en 1991 et «nous remercions tous ceux qui ont voté pour M. Josipovic», a-t-il dit.

M. Dragovan a toutefois précisé que le SDP attendait les résultats officiels pour confirmer ceux des sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote.

Chez M. Bandic, l'ambiance était par contre à la défaite. «Nous savions qu'il s'agissait d'une bataille entre David et Goliath», a déclaré une proche du maire de Zagreb, Jelena Pavicic-Vukicevic, soulignant que M. Bandic n'avait pas eu derrière lui la structure d'un parti.

Ce dernier a été exclu du SDP pour avoir présenté sa candidature à la présidentielle en tant qu'indépendant. Dans ces conditions, «nous devrons nous satisfaire du résultat», a-t-elle ajouté.

Droit pénal et musique classique

Cheveux grisonnants, lunettes, le maintien empreint d'une certaine rigidité, M. Josipovic, 54 ans, est expert en droit pénal international mais aussi compositeur de musique classique.

Sa biographie n'est pas entachée d'accusations de corruption. Mais ses détracteurs lui reprochent son «manque de charisme» et d'expérience politique.

Les deux candidats ont proposé un programme similaire, s'engageant notamment à ce que la Croatie intègre l'UE avant 2012, à relancer l'économie frappée par une grave récession et à combattre fermement la corruption qui ronge la haute administration et des entreprises d'Etat.

Le vainqueur aura à cohabiter deux ans avec le gouvernement conservateur du Premier ministre, Mme Jadranka Kosor, des élections législatives étant prévues fin 2011. Déjà pendant la campagne électorale, M. Josipovic a tendu la main à Mme Kosor en promettant de «faire de son mieux» pour qu'une telle cohabitation soit «la plus lisse possible».

Passation de pouvoir en février

Dans cette «république parlementaire», le président partage les pouvoirs avec le gouvernement. Commandant suprême des forces armées, le chef de l'Etat a notamment des prérogatives en matière de politique extérieure et concernant la nomination des dirigeants des services de renseignement.

L'actuel président, Stipe Mesic, 75 ans, un centriste au pouvoir depuis 2000 et qui a piloté l'entrée du pays dans l'OTAN en 2009, ne pouvait se représenter, la Constitution limitant à deux le nombre des mandats (cinq ans chacun) que peut exercer le chef de l'Etat.

La cérémonie de passation des pouvoirs entre le vainqueur de la présidentielle et le président sortant est prévue pour le 18 février.

(ats)

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