Actualisé 13.11.2011 à 17:09

Election présidentielleLe candidat de Moscou en tête en Ossétie du Sud

L'Ossétie du Sud votait ce week-end pour élire son nouveau président. Le candidat moscovite arrive en tête des sondages.

Une femme vote en Ossétie du Sud pour élire son président.

Une femme vote en Ossétie du Sud pour élire son président.

Le candidat favori de Moscou à la présidentielle en Ossétie du Sud, Anatoli Bibilov, est arrivé dimanche en tête avec 48,1 % des suffrages au premier tour, selon un sondage de sortie des bureaux de vote. Cette présidentielle était la première depuis que Moscou a reconnu en 2008 l'indépendance de cette région sécessionniste.

Le scrutin a été clos à 20h00 (17h00 en Suisse). M. Bibilov, ministre local des Situations d'urgence, est un ancien militaire sorti de l'école de parachutistes russe de Riazan, qui a été soutenu ouvertement par Moscou et par le dirigeant sortant Edouard Kokoïty.

Selon le sondage cité par les agences de presse russe Interfax et Ria Novosti, réalisé à 16h00 locales par un institut de marketing politique et l'Ecole de hautes études économiques de Moscou, l'ex- ministre de l'Education Alla Djioeva arrive en deuxième place avec 30,7 % des suffrages.

Aucun candidat n'est à ce stade élu au premier tour, selon ces chiffres.

Critique

Selon la commission électorale d'Ossétie du Sud, la participation à 19h était de 66,26 %.

Onze candidats étaient en lice pour succéder à Edouard Kokoïty (qui ne pouvait briguer un troisième mandat), tous pro-russes et partisans de l'intégration avec la Russie voisine. La Géorgie a de son côté dénoncé le scrutin comme «illégitime».

Elle accuse elle la Russie d'occuper de facto l'Ossétie du Sud, petit Etat auto-proclamé de 70 000 habitants, où elle a installé plusieurs milliers de soldats alors que la population locale d'origine géorgienne a été chassée.

Quelle que soit l'issue du scrutin, le nouveau président ne sera reconnu que par la Russie et quelques Etats lointains. Les Occidentaux, comme l'immense majorité de la communauté internationale, considèrent toujours l'Ossétie du Sud comme un territoire géorgien, au même titre que l'Abkhazie, autre région rebelle reconnue et soutenue par Moscou après un conflit armé en 2008.

Reconnu que par la Russie

Les candidats se sont livrés à une campagne sans merci dans ce minuscule territoire des montagnes du Caucase, deux fois plus petit que la Corse.

Deux candidats ont par ailleurs retiré leur candidature à quelques jours du scrutin, parmi lesquels Alan Kotchiev, actuellement en détention provisoire pour avoir roué de coups un député local.

Djambolat Tedeïev, considéré comme le principal candidat de l'opposition, n'a de son côté pas été autorisé à participer au scrutin au motif qu'il n'avait pas vécu suffisamment sur place au cours de la dernière décennie.

Dépendant de la Russie

L'Ossétie du Sud reste un territoire à l'équilibre fragile, très dépendant de la Russie, qui a alloué des centaines de millions de dollars pour sa reconstruction.

Le scrutin de dimanche était accompagné d'un référendum sur l'adoption du russe comme seconde langue officielle de ce territoire avec l'ossète.

L'Ossétie du Sud, comme l'Abkhazie, est indépendante de facto depuis un conflit armé au début des années 1990, et Tbilissi a échoué à en reprendre le contrôle lors de la guerre avec la Russie en 2008.

(ats/afp)

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