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Mairie de GenèveLe candidat Fiumelli flingue ses concurrents

Le parti libéral-radical décidera le 16 août s'il envoie l'un des siens briguer le siège laissé vacant par Pierre Maudet.

Olivier Fiumelli, 41 ans, bientôt père de quatre anfants, est le chef du groupe PLR au Conseil municipal.

Olivier Fiumelli, 41 ans, bientôt père de quatre anfants, est le chef du groupe PLR au Conseil municipal.

Olivier Fiumelli est insubmersible. Au début de l'été, sans jamais l'annoncer officiellement, le PLR et le PDC décidaient de présenter un candidat unique à la succession de Pierre Maudet au Conseil administratif: le jeune avocat démocrate-chrétien Guillaume Barazzone. Mais Olivier Fiumelli ne renonce pas. Il maintient contre vents et marées sa candidature. Puis, Jean-Marc Froidevaux annonce la sienne, fâché que son parti songe à s'effacer sans combattre au profit du PDC. Mardi, au sortir d'un déjeuner avec l'influent Pierre Maudet, le chef de groupe du PLR au Conseil municipal affichait son optimisme.

Où en est le processus de désignation du candidat de l'Entente?

La présidence du PLR Ville a toujours un mandat pour négocier avec celle du PDC. Les discussions sont au point mort. Personne ne veut céder.

Comment se déroulera l'assemblée générale du 16 août?

Deux questions seront posées aux membres. Veulent-ils présenter un candidat PLR au Conseil administratif? Et si oui, préfèrent-ils que ce soit moi ou Jean-Marc Froidevaux?

La désignation de Guillaume Barazzone comme candidat unique de l'Entente semblait pourtant acquise. Pourquoi la direction de votre section a-t-elle changé son fusil d'épaule?

Elle n'a pas changé son fusil d'épaule, mais elle a compris que la majorité des militants n'étaient pas prêts à suivre la direction proposée.

Mais n'avez-vous pas subi de pressions pour retirer votre candidature? Adrien Genecand, lui, en a subi...

Non. Bien sûr, certaines personnes favorables à une candidature unique souhaitaient que je m'efface. Mais il ne s'agissait pas de pressions.

Vous paraissez assez optimiste...

Cela peut étonner, mais je l'ai toujours été. Après, il y a la question Froidevaux. Est-il représentatif de la majorité du PLR? Je ne le pense pas. Peu de membres sont prêts à le suivre. C'est un chien fou, que personne n'imagine faire partie d'un exécutif. Jean-Marc Froidevaux, c'est le passé; Adrien Genecand, c'est le futur; moi, je suis le présent.

Jean-Marc Froidevaux estime que d'un point de vue libéral, votre état de fonctionnaire vous rend inéligible.

Etre fonctionnaire, c'est un métier et rien d'autre. Ce n'est en aucun cas un sacerdoce. Avec ce type d'argument, on en vient aussi à prétendre qu'un individu sans enfant ne peut pas diriger l'instruction publique.

Une double candidature n'affaiblirait-elle pas l'Entente lors de l'élection?

Mais de toute façon, l'élection est gagnée, quoi qu'il arrive! Ni Eric Bertinat (UDC), ni Salika Wenger (Parti du Travail) ne peuvent atteindre 33% des voix. Je ne vois donc pas où est le problème. Au pire, un second tour devrait départager le candidat du PLR et celui du PDC. Et en tant que chef de groupe du PLR au Conseil municipal, j'estime être le candidat naturel de ce parti.

Comment jugez-vous vos concurrents démocrates-chrétiens?

L'un, Alain de Kalbermatten (n.d.l.r: qui a déjà déclaré qu'il se retirerait si sa présence empêchait la désignation d'un candidat unique de l'Entente), n'est pas très bon. L'autre, Guillaume Barazzone, est un type sympathique, mais qui adopte un comportement de diva. Il dit n'accepter de se présenter que s'il est certain d'être élu, c'est-à-dire s'il obtient le soutien du PLR. Il ne veut pas prendre de risque pour sa carrière professionnelle. Mais la politique, cela ne marche pas comme cela! la politique, justement, c'est prendre des risques.

Le PDC veut un seul candidat, le sien

Sans surprise, l'analyse de Thomas Putallaz, président du PDC-Ville, diffère de celle d'Olivier Fiumelli. Certes, «la candidature de Jean-Marc Froidevaux a compliqué l'équation pour le PLR», reconnaît-il. Il assure cependant que les discussions entre les deux sections se poursuivent autour d'un programme commun. «Nous sommes tous persuadés qu'une double candidature est vouée à l'échec. La stratégie d'Olivier Fiumelli n'est pas celle de nos partis respectifs, ni au niveau municipal, ni au niveau cantonal. Je n'ai aucun doute quant à la capacité du PLR-Ville à convaincre ses membres.»

Quatre hommes pour deux scénarios

Quels membres de l'Entente brigueront le siège du Conseil administratif laissé vacant par Pierre Maudet, élu au Conseil d'Etat? Alors que le PLR-Ville se réunit le 16, et que le PDC-Ville fait de même le 20, deux scénarios se dessinent.

-Soit le PLR accepte la stratégie du candidat unique. Aucun de ses membres n'est lancé. C'est le démocrate-chrétien Guillaume Barazzone qui représente l'Entente.

-Soit le PLR tient à envoyer l'un des siens à l'assaut du Palais Eynard. Ses militants doivent alors trancher entre Olivier Fiumelli et Jean-Marc Froidevaux. L'un des deux hommes affronterait alors le démocrate-chrétien Alain de Kalbermatten. Guillaume Barazzone refuse en effet de se lancer s'il n'est pas le candidat unique de l'Entente.

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