Neuchâtel: Le canton critiqué par les ornithologues
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NeuchâtelLe canton critiqué par les ornithologues

Le plan-programme éolien cantonal se moque du rapport sur la faune aviaire. Il n'y aurait, de plus, aucune coordination avec les autres cantons.

ASPO / Birdlife Suisse trouve aberrant que le site de la Vue-des-Alpes soit maintenu dans le plan cantonal d'implantation des éoliennes.

ASPO / Birdlife Suisse trouve aberrant que le site de la Vue-des-Alpes soit maintenu dans le plan cantonal d'implantation des éoliennes.

Les ornithologues de l'Association suisse pour la protection des oiseaux (ASPO / Birdlife Suisse) et les défenseurs de la faune sont furieux: le maintien du site de la Vue-des-Alpes dans le plan cantonal d'implantation des éoliennes est une aberration: il aurait un impact inacceptable sur la biodiversité et la faune aviaire.

Selon un communiqué de l'ASPO, «le concept éolien neuchâtelois ne saurait conserver le site de La Vue-des-Alpes/Gurnigel dans la planification». L'ASPO déplore que l'Etat n'ait pas tenu compte du rapport d'impact sur la faune qu'il a commandé et qui met en évidence la très grande richesse ornithologique du site. L'ASPO relève aussi l'absence de vision intercantonale du concept éolien neuchâtelois alors même que plusieurs projets sont prévus dans des régions limitrophes de Vaud et sur Berne.

Le site le plus riche

Selon l'ASPO, un rapport d'analyses du paysage et de la faune ailée (oiseaux et chauves-souris) a mis en évidence que le site de La Vue-des-Alpes/Gurnigel est le plus riche de tous les sites analysés du point de vue des oiseaux avec 23 espèces à responsabilité (dont 9 espèces de la liste rouge) et sensibles aux éoliennes. Le périmètre a également une importance exceptionnelle régionale pour les chauves-souris. Il recèle encore des pâturages secs et boisés de grande valeur.

«L'Etat ne tient absolument pas compte du rapport qu'il a commandé» estime l'ASPO. Les éoliennes peuvent avoir des conséquences néfastes sur la faune ailée, surtout dans des sites de grande valeur naturelle et sur les lieux de concentration d'oiseaux migrateurs. Les impacts sont plus importants sur les espèces de chauves-souris et d'oiseaux qui sont déjà fragilisées par d'autres atteintes à leurs habitats naturels.

Manque de coordination

L'ASPO déplore aussi l'absence de coordination intercantonale dans le dossier des sites éoliens sur les crêtes jurassiennes. Le plan neuchâtelois passe sous silence le fait que plusieurs parcs éoliens sont planifiés sur Vaud et sur Berne, parfois à quelques centaines de mètres seulement de la frontière neuchâteloise. A l'Ouest du canton notamment, le fond du Val-de-Travers pourrait se retrouver complètement enclavé par quatre parcs éoliens : les projets de La Grandsonne et de la Nouvelle Censière venant s'ajouter à ceux de la Montagne de Buttes et du Mont de Boveresse. Cette situation doit être analysée du point de vue paysager comme du point de vue des atteintes aux oiseaux migrateurs longeant le Val-de-Travers, souligne encore l'ASPO.

Critiques tous azimuts

Le plan éolien neuchâtelois prévoit cinq sites avec 59 éoliennes dont la hauteur pourrait atteindre près de 150 mètres. Le plan retient les sites du Crêt-Meuron/Tête-de-Ran, de la Montagne-de-Buttes, du Mont-Perreux-Le Gurnigel (au nord de la Vue-des-Alpes), de la Joux-du-Plâne (nord du Val-de-Ruz) et du Mont-de-Boveresse. Pratiquement, ces sites éoliens seraient visibles de tout point des crêtes neuchâteloises et du département français du Doubs. Pour les défenseurs des paysages, il ne fait pas de doute que c'est l'entier des crêtes qui serait défiguré, cela pour un apport d'énergie en même temps minime et coûteux. La récolte de signatures est en cours pour une initiative demandant que tous les projets soient soumis à votation populaire. (ap)

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