Crise économique: Le canton de Genève présente son plan anti-crise

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Crise économiqueLe canton de Genève présente son plan anti-crise

Le Conseil d'Etat genevois a présenté mercredi son plan anti-crise.

Il s'articule autour de deux mesures principales: une baisse d'impôt pour les familles dès 2010 et une politique d'investissements soutenue, notamment en matière de constructions.

La réduction d'impôt pour les familles coûtera environ 300 milions de francs par année. Le Conseil d'Etat table sur le fait que cet argent sera en bonne partie dépensé et non épargné, pour ainsi relancer la consommation locale. La baisse d'impôts concernera les couples qui gagnent entre 40 000 francs et 400 000 francs par année.

Toujours sur le plan fiscal, un projet de loi destiné à limiter la charge d'impôt pour les grandes fortunes à faible rendement devrait prendre effet en 2011. Cette baisse, destiné à fixer dans le canton ces gros contribuables dans un contexte de concurrence fiscale, induira un manque à gagner de 35 millions pour les caisses de l'Etat.

Peu de mesures nouvelles

Pour faire face à la crise, l'Etat de Genève adopte aussi une politique anticyclique. De grands travaux, comme la liaison ferroviaire Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse (CEVA), la rénovation de l'Hôpital des enfants ou la construction de la prison pour détenus dangereux Curabilis, seront lancés le plus rapidement possible.

Ces nouveaux équipements représentent des investissements de l'ordre de 273 millions de francs. Le gouvernement cantonal va également mettre l'accent sur la rénovation et l'entretien des bâtiments publics pour 251 millions de francs. En tout, le plan anti-crise comprend 31 mesures, dont certaines sont immédiatement applicables.

Qu'il s'agisse des baisses fiscales ou des investissements, la plupart de ces mesures étaient déjà prévues avant l'élaboration du plan de relance. Le dispositif donne avant tout un coup d'accélérateur à ces projets qui attendaient d'être concrétisés, ont relevé les conseillers d'Etat David Hiler, responsable des finances, Pierre-François Unger (économie) et Mark Muller (constructions).

«Sévère mais pas dramatique»

Le principal outil adopté directement en lien avec la crise réside dans une enveloppe de 10 millions qui servira de bonus à la rénovation de bâtiments. Elle contribuera à maintenir l'emploi dans les métiers du second oeuvre. Quelques millions seront par ailleurs injectés pour favoriser la formation et l'insertion professionnelle des jeunes.

«Il y a une crise sévère à Genève, même si elle reste moins dramatiques que dans certains pays», a souligné David Hiler en préambule. Les signaux négatifs ont connu une «accélération assez forte durant les trois premiers mois de l'année». Le plan mis en place vise à «éviter l'effet boule de neige» induit par les difficultés de certains secteurs tournés vers l'exportation.

Le Conseil d'Etat s'attend à une croissance nulle ou très faible ces prochaines années. Il entend maintenir un haut niveau d'investissements pour lutter contre la sinistrose. «Ces prochaines années, nous aurons sans doute une augmentation des budgets liés aux grands travaux», relève Mark Muller.

(ats)

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