Vaud: Le Canton fait le ménage dans les élevages de porcs
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VaudLe Canton fait le ménage dans les élevages de porcs

De nouvelles règles seront imposées à la filière porcine. Elles font suite aux manquements constatés chez un gros producteur.

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Mirko Martino/FNT

A ceux qui l'accusaient de complaisance envers les éleveurs de porcs lors de l'inspection de leurs installations, l'Etat de Vaud a répondu en utilisant la manière forte. Vendredi 18 août, il a mené une opération inédite pour contrôler simultanément les 23 porcheries du groupe Annen, plus gros producteur romand. L'objectif était d'éviter que des bêtes ne soient déplacés d'une structure à l'autre afin de cacher les problèmes de certaines d'entre elles aux inspecteurs, comme le soupçonnait la fondation MART. Celle-ci a déjà dénoncé la famille Annen à plusieurs reprises, la dernière fois le 9 août avec une vidéo choc. Cannibalisme, chaleur étouffante, surdensité ou encore manque de lumière, de propreté et de soins: la liste des manquements constatés cette fois-ci tend à lui donner raison.

Déjà puni en septembre 2016, le groupe Annen se retrouve sous le coup de nouvelles dénonciations pénales, d'enquêtes administratives et de sanctions (lire encadré). Son patron, Willy Annen, a annoncé jeudi qu'il se retirait de la production porcine.

A côté de ces mesures visant l'éleveur, et pour mettre fin aux récents scandales, le Canton a également annoncé de nouvelles règles qui toucheront les élevages de porcs (lire encadré). «Si on ne combat pas avec une détermination sans limites ces dérapages, ce sont alors toutes les filières, porcines et d'autres élevages, qui en souffriront», a commenté le conseiller d'Etat Philippe Leuba.

Mesures administratives et vétérinaires

Dix enquêtes administratives ont été ouvertes contre des sociétés en relation avec la famille Annen pour examiner la légalité des liens entre elles. Les paiements directs pour certaines porcheries seront réduits. Les dépassements d'effectifs maximaux ont été transmis à l'Office fédéral de l'agriculture. Cinq sociétés du groupe ne pourront pas accueillir de nouveaux porcs et les effectifs de trois d'entre elles diminueront de 30%. Les patentes de marchand de bétail sont retirées.

Nouveautés dans la filière porcine

Le Canton a annoncé que le montant alloué aux contrôles des porcheries par des vétérinaires a été doublé. Un cours obligatoire et un jour de formation continue par an seront imposés à tous les porchers bénéficiant d'aides publiques. Une présence humaine deux fois par jour dans chaque porcherie sera obligatoire. Les autorités veulent désormais un responsable formé sur chaque site, avec un maximum de 1000 porcs par porcherie. Au-delà de ce nombre, un deuxième responsable sera requis.

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