Actualisé 02.05.2016 à 17:41

GenèveLe Canton met policiers et citoyens autour de la table

Un organe de médiation a été créé le 1er mai. Il vise à dissiper les malentendus après une intervention policière.

de
Julien Culet
La médiation sadresse aussi bien à la population quaux agents.

La médiation sadresse aussi bien à la population quaux agents.

photo: Keystone/Salvatore di Nolfi

Un agent un peu brutal, un jeune qui juge être trop souvent contrôlé. C'est pour expliquer de telles situations que Genève a mis en place une instance de médiation pour prévenir et régler les conflits entre la police et la population. En test depuis quelques mois, elle est devenue opérationnelle le 1er mai, en même temps que la nouvelle loi sur la police. Contrairement à celui existant dans le canton de Vaud, le dispositif genevois est indépendant des forces de l'ordre.

«On peut parfois se sentir victime d'un abus d'autorité mais ce sentiment peut se dégonfler avec quelques explications», rapporte Fabienne Bugnon, médiatrice principale. Un citoyen peut demander à rencontrer l'agent à qui il a eu affaire. Une possibilité qui permettra d'éviter de nombreuses plaintes et doit désengorger les tribunaux. «Elles peuvent être déposées sur le coup de la colère, indique la médiatrice. Elles n'aboutissent pas toujours. Le plaignant s'estime alors pas entendu et le policier a eu une épée de Damoclès au dessus de sa tête pour rien.» L'instance peut aussi être saisie par les agents. Ils pourraient demander à rencontrer une personne qui harcèle la police pour des broutilles, par exemple.

Le syndicat UPCP trouve l'idée «pas mauvaise». Son président Marc Baudat estime en effet «que la réponse de la police peut parfois être mal perçue par la population. Le regard d'une tierce personne peut aider». Il dit toutefois attendre de voir comment la médiation va fonctionner sur la durée et si elle gardera bien son indépendance vis-à-vis du Département de la sécurité.

Multiples entrées

Les services de la médiatrice peuvent être sollicités par mail ou tous les jeudis via une permanence. Le Ministre de la sécurité ou la cheffe de la police, qui reçoivent de nombreux courriers de citoyens peuvent aussi rediriger ces derniers vers ce bureau. Si une plainte a été déposée, le procureur général peut clore l'affaire pour favoriser une médiation s'il la juge possible. La procédure reste totalement confidentielle.

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