04.03.2020 à 20:05

Lausanne

Le Canton remet de l'ordre au sein du bar de l'Uni

Dans l'irrégularité, Zelig doit temporairement fermer pour se mettre à niveau. Ses activités pourraient en pâtir.

de
Francesco Brienza

Surprise sur le campus lausannois. L'un des spots préférés des étudiants pour boire un verre ou voir un concert est fermé depuis la rentrée universitaire de février. En cause: de sérieux manquements administratifs. «Nous avons reçu un avis de la Police du commerce l'automne dernier, nous demandant de nous mettre en conformité concernant la patente et le registre du commerce», raconte le coprésident de Zelig, Pierre-Alexandre Monthoux. Malgré les efforts de l'association, tout n'a pas été réglé dans le délai imparti, ce qui a entraîné la suspension de l'autorisation d'exploiter. «Nous espérons pouvoir rouvrir au plus tard à la fin du mois du mars», reprend toutefois l'étudiant.

Licence en cours d'examen

Les autorités, qui ont tardé avant de s'apercevoir des lacunes au sein de cette institution active depuis plus de trente ans, souhaitaient régulariser la situation avant la fin de l'année. C'est pourquoi elles avaient octroyé à Zelig une licence provisoire d'établissement. «Mais trouver un membre au bénéfice du Certificat cantonal d'aptitudes a pris plus de temps que prévu», note Pierre-Alexandre Monthoux. C'est chose faite depuis la mi-février, grâce à une personne extérieure au campus. Une nouvelle demande de licence est donc en cours de traitement, confirme le Département vaudois de l'Économie. Parallèlement, l'inscription au registre du commerce a été actée il y a deux semaines.

L'UNIL «ne savait pas»

Interrogée, l'Université de Lausanne affirme «qu'elle ne savait pas que, en tant qu'association, Zelig devait figurer au registre du commerce.» La loi est pourtant claire: l'inscription est obligatoire lorsque l'association exerce une activité en la forme commerciale pour atteindre son but. Et Zelig exploite un espace de rencontres d'une capacité d'accueil de 150 personnes, plus une grande terrasse, et y organise des concerts.

Si l'UNIL a effectivement un droit de regard sur la gestion de l'association qu'elle héberge, elle concède qu'il n'est «pas toujours simple» de veiller à la conformité des autorisations liées aux personnes physiques, sachant que celles-ci changent régulièrement, de par leur qualité d'étudiants.

Selon l'Université, c'est d'ailleurs en raison du «succès croissant présent et à venir» de Zelig que les autorités cantonales se sont manifestées. Mais une rumeur évoque aussi l'intervention d'un nouvel inspecteur, qui aurait décidé de faire appliquer la loi à la lettre. Du côté de Zelig, on se montre philosophe. «C'est un coup du sort mais nous n'avons aucune animosité, insiste Pierre-Alexandre Monthoux. Personne n'a voulu mal faire, et nous sommes heureux de pouvoir repartir sur de bonnes bases.»

Zelig joue son avenir ce jeudi

L'établissement estudiantin accueille de nombreux événements chaque année et son affectation actuelle de buvette doit être réévaluée pour pouvoir continuer à les offrir. Une commission d'urbanisme se rendra sur place jeudi. «Si elle refuse la réévaluation, nous ne pourrons proposer plus que 10 événements par année sur autorisation, explique Pierre-Alexandre Monthoux. On devrait ainsi renoncer à une grosse part de notre activité, mais rien ne changerait au niveau du bar, de son offre et de ses horaires.» L'autorisation de la terrasse, agrandie depuis l'emménagement du bar dans ses locaux actuels, doit aussi être mise à jour. Contactée, la Municipalité de Chavannes-près-Renens a refusé de répondre à nos questions avant la séance de jeudi.

Ambiance morose à l'Uni

Les étudiants pleurent l'absence de Zelig, même s'ils savent qu'elle ne devrait pas durer. «C'est la frustration, explique l'un d'eux. Je suis hyper déçu!» Les autres lieux où se relaxer dans un cadre détendu ne sont pas légion à l'Université. Les jeudis soirs, les étudiants se dispersent pour l'apéro alors qu'ils sont en principe «canalisés» vers les traditionnelles soirées concerts de Zelig. Résultat: le seul autre bar à proximité, Satellite à l'EPFL, est plein à craquer.

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