Genève: Le Canton veut bien accueillir des récalcitrants

Actualisé

GenèveLe Canton veut bien accueillir des récalcitrants

Le canton de Genève est prêt à accueillir un centre spécial pour les demandeurs d'asile récalcitrants, déboutés ayant reçu un ordre de départ.

En échange d'une installation pour les requérants récalcitrants, Genève veut héberger moins de requérants et entend obtenir une contrepartie financière de la Confédération, a indiqué mardi le conseiller d'Etat Pierre Maudet.

Interrogé sur les ondes de la radio alémanique SRF1, le chef du Département cantonal de la sécurité indique avoir dit «très clairement» lundi à la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga lors de la conférence sur l'asile à Berne que Genève était prêt à accueillir un tel centre. Il ne précise pas combien de personnes ce site pourrait héberger ni où il pourrait se situer.

Mais le magistrat libéral-radical a posé ses conditions. Pour accueillir des requérants récalcitrants d'autres cantons, Genève doit pouvoir héberger un nombre total de demandeurs d'asile moins élevé. «Nous voulons aussi discuter d'une aide financière de la Confédération, car ces cas coûteraient certainement plus cher.»

Plusieurs cantons intéressés

Le président de la Conférence des directeurs cantonaux de justice et police (CCDJP), le conseiller d'Etat bernois Hans-Jürg Käser, affirme pour sa part que plusieurs cantons se sont exprimés positivement. «Peut-être y aura-t-il plusieurs centres pour requérants récalcitrants de seulement 120 places chacun», dit-il à la radio SRF, sans toutefois nommer de cantons.

Lundi, des représentants de la Confédération, des cantons, des villes et des communes ont adopté une déclaration commune pour restructurer le domaine de l'asile afin d'accélérer les procédures. Le texte prévoit que 60% des procédures soient traitées dans des centres fédéraux, alors que 40% des requérants seront répartis dans les cantons.

Les centres d'enregistrement et de procédures seront situés dans cinq régions, qui devraient correspondre à celles qui hébergent les centres fédéraux actuels: Vallorbe (VD), Bâle, Kreuzlingen (TG), Altstätten (SG) et Chiasso (TI). Plusieurs centres qui pourraient être dotés de 400 places chacun totaliseront 6000 places au lieu de 1400 actuellement.

Une phase de test débutera au milieu de cette année. Cantons et Confédération se sont donné jusqu'à fin 2013 pour régler les détails d'un concept qui s'inspire de l'exemple des Pays-Bas. (ats)

Centre dans le canton de Vaud

Le canton de Vaud est disposé à accueillir un centre d'hébergement secondaire lié à celui de Vallorbe, mais n'entend pas augmenter le nombre de places à Vallorbe même. Celui de Genève pourrait pour sa part abriter une structure spéciale pour requérants récalcitrants.

Un centre secondaire d'une centaine de lits pourrait être situé dans un cantonnement de l'armée aux Rochats dans le Jura vaudois, 5 à 6 km au-dessus du village de Provence (VD), a indiqué mardi à l'ats Philippe Leuba, conseiller d'Etat vaudois en charge de l'asile.

Canton et commune négocient les termes d'une convention avec l'Office fédéral des migrations (ODM). Des garanties ont été demandées sur les plans de la sécurité et des coûts.

Si le projet des Rochats se concrétise, Philippe Leuba attend une diminution correspondante du nombre de requérants attribués au canton de Vaud. Cette compensation n'est pas contestée par l'ODM, a-t-il précisé.

«Si ce centre ne se réalise pas, nous devrons ouvrir deux abris de protection civile de plus pour loger les demandeurs d'asile», a-t-il indiqué. Cette solution serait financièrement plus lourde pour le canton. Les coûts d'un centre fédéral seront entièrement pris en charge par la Confédération.

Ton opinion