Genève: Le Canton veut booster les coopératives
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GenèveLe Canton veut booster les coopératives

Le Département de l'aménagement et du logement a présenté un premier bilan de sa politique en faveur du logement coopératif.

par
Maria Pineiro
L'immeuble Soubeyran de la coopérative Equilibre à Genève.

L'immeuble Soubeyran de la coopérative Equilibre à Genève.

Keystone/Martial Trezzini

«Nous voulons pallier le problème de l'inflation continue des loyers à Genève en développant le logement coopératif», a affirmé jeudi Antonio Hodgers, conseiller d'Etat en charge du Département de l'aménagement et du logement (DALE). Selon les chiffres de l'Office cantonal de la statistique, la différence de loyer entre un logement conventionnel et un appartement dans une coopérative se monte actuellement à 50% en moyenne. «C'est énorme», s'est exclamé le magistrat. Il a également mis en avant l'étude Thalmann qui montre que les loyers ont augmenté sept fois plus vite que ce que permet le droit du bail depuis 1972: «La régulation par l'opposition éventuelle des locataires à des hausses exagérées ne fonctionne pas.»

Politique d'attribution active

Un année et demie après avoir lancé son plan d'action Coopératives, le DALE tire un bilan positif de la mise en oeuvre. Antonio Hodgers a annoncé que près de 90'000 mètres carrés de surfaces brutes de plancher avaient été attribués à des coopératives. «Cela représente quelque 900 logements», a-t-il précisé. L'Etat dispose encore de 9000 mètres carrés à distribuer. Les périmètres dans lesquels s'érigeront ces futurs immeubles se situent essentiellement dans les zones concernées par les grands projets de développement urbains du canton.

Sept quartiers accueilleront à terme 17 coopératives. Les Communaux d'Ambilly, les Grands Esserts ou encore les Marbriers font partie des zones choisies pour la promotion de ce type de logement. Les coopératives sont notamment invitées à prendre part aux projets urbanistiques lors de l'élaboration des projets urbains.

Des coopératives pour tous

Antonio Hodgers a expliqué vouloir sortir de la logique du logement subventionné s'agissant des coopératives. «Ce type d'habitat doit être accessible à tous types de ménages», estime le magistrat. Il a relevé que plusieurs textes législatifs en cours d'étude par le Grand Conseil allaient dans ce sens. Le conseiller d'Etat a également affirmé que les primo-coopératives, à savoir celles qui n'avaient pas encore d'immeubles, allaient être soutenues. Le but: trouver un équilibre entre les institutions historiques et les nouvelles venues. Une autre pesée d'intérêt a aussi été établie entre les formations classiques et celles fonctionnant de manière participative.

Efforts de soutien

Cette volonté d'accroître la proportion du parc immobilier hors logique de profit se manifeste par l'engagement de deux personnes chargées d'accompagner les coopératives. La Fondation pour la promotion du logement bon marché et de l'habitat coopératif (FPLC) s'est ainsi adjoint les services d'un responsable chargé de développer ce secteur. Quant au Groupement des coopératives d'habitation genevoises (GCHG), il vient d'engager une secrétaire générale. Tous deux devront informer les institutions, faire le lien entre les divers acteurs du domaine, favoriser les partages d'expériences, tendre à l'émergence de projets innovants et renforcer les contacts avec les collectivités publiques.

Le défi des projets privés

Le Canton a tout de même admis que les terrains en sa possession n'étaient pas infinis, quand bien même il souhaite poursuivre son effort dans la durée. Malgré une politique foncière active, il compte sur les coopératives historiques afin de démarcher les propriétaires privés, de devenir proactives dans l'acquisition de terrains. Le grand défi de ces prochaines années consistera en effet à promouvoir l'habitat coopératif lors d'opérations d'envergure se déroulant sur des terrains privés.

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