Actualisé 06.07.2015 à 14:26

VaudLe canton veut moderniser ses stations d'épuration

Le canton de Vaud veut soutenir la régionalisation et la modernisation de ses stations d'épuration (STEP).

Le canton de Vaud demande au Grand Conseil de libérer un premier crédit de 80 millions de francs pour régionaliser et moderniser ses stations d'épuration (STEP). Les futures installations traiteront les micropolluants.

«Nous avons décidé d'investir une somme considérable pour la qualité des eaux, un des défis majeurs des prochaines décennies», a expliqué lundi la conseillère d'Etat Jacqueline de Quattro. A terme, l'aide du canton pourrait atteindre 200 millions de francs sur 20 ans.

Vaud était précurseur avec ses STEP dans les années 60, mais la donne a changé. Ses installations ne sont plus adaptées aux nouvelles exigences. Dès 2006, la Confédération a lancé une série de tests sur le traitement des micropolluants, notamment à Vidy-Lausanne, dont les résultats fructueux ont débouché sur «la découverte de techniques performantes», a expliqué Mme de Quattro.

Mise à niveau nécessaire

Globalement, la mise à niveau des STEP vaudoises devrait coûter quelque 1,2 milliard de francs sur 20 ans. Le canton a décidé de soutenir les communes - qui sont propriétaires - dans cet effort. Concrètement, il va contribuer (à raison de 35%) aux coûts de raccordement liés à la régionalisation et à l'amélioration du traitement biologique des eaux, qui est un préalable au traitement des micropolluants qui sera lui subventionné par la Confédération.

La modernisation doit s'accompagner d'une union des forces: «164 STEP, ce n'est plus raisonnable: il en faut moins mais de plus performantes», a dit Mme de Quattro. Le regroupement permettra de rationaliser. Dans l'idéal, le nombre de STEP devrait passer à une cinquantaine à l'horizon 2040, dont 14 entités régionales aptes au traitement avancé des micropolluants.

Projet à Allaman

Certaines communes songent depuis plusieurs années à se rassembler. Sur la Côte, un projet est en préparation à Allaman pour remplacer neuf STEP. «Les deux tiers des communes sont acquises à cette STEP régionale, d'autres sont réticentes car elles viennent d'investir massivement dans la rénovation de leurs installations», a expliqué Barbara Regamey, municipale de St-Prex. Pour contourner le problème, il est prévu d'échelonner les adhésions.

Dans ses laboratoires d'Epalinges, le canton s'est doté d'un nouvel «outil performant» pour améliorer les analyses des micropolluants et intensifier le suivi. Il sera désormais possible de déceler un microgramme de substance par litre. «C'est comme chercher un millimètre entre ici et Barcelone», a imagé Sylvain Rodriguez, directeur de l'environnement industriel, urbain et rural (DGE).

Le terme micropolluant englobe une large palette de substances dont les fongicides, les médicaments, des produits industriels et des substances contenues dans des produits alimentaires, comme les édulcorants. Leur toxicité sur les organismes aquatiques est avérée. On ne dispose que de peu d'éléments sur la santé des humains, mais on applique le principe de précaution, a ajouté M. Rodriguez. (ats)

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