23.07.2020 à 21:26

Coronavirus

Le cap des 4 millions de cas dépassé aux États-Unis

Jeudi, en une journée, les États-Unis ont enregistré plus de 76'500 nouveaux cas de Covid-19 – tout près du record sur 24 heures – et 1225 morts.

Le pays a identifié plus de 60’000 nouveaux cas quotidiennement depuis neuf jours.

Le pays a identifié plus de 60’000 nouveaux cas quotidiennement depuis neuf jours.

AFP

Dans plusieurs régions des États-Unis, l’épidémie de Covid-19 semble marquer le pas, mais la Californie a encore battu un record de contaminations et les experts préviennent que les sous-capacités de tests empêchent de prédire quand la pandémie, qui a dépassé jeudi quatre millions de cas recensés, atteindra son «pic».

Jeudi, en une journée, les États-Unis ont même enregistré plus de 76'500 nouveaux cas de Covid-19 – tout près du record sur 24 heures – et 1225 morts, selon le comptage de l'université Johns Hopkins, qui fait référence, relevé à 20h30 locales. La dernière fois que les États-Unis avaient enregistré plus de 1200 morts en 24 heures était il y a quasiment deux mois, le 29 mai.

Si l’on s’en tient au nombre officiel de nouveaux cas détectés, plusieurs États ont stoppé la hausse exponentielle qui était observée en juin, comme l’Arkansas, l’Iowa, les Caroline du Nord et du Sud et l’Arizona, dont la capitale Phoenix était il y a quelques semaines l’un des foyers les plus actifs de circulation du coronavirus dans le pays.

Les fermetures récentes de bars et les nouvelles obligations locales de port du masque semblent porter leurs fruits, bien qu’au niveau fédéral, Donald Trump ait attendu cette semaine pour s’inquiéter publiquement et dire que porter un masque était un geste «patriotique». Le pays a atteint jeudi quatre millions de cas recensés, avec un million de tests positifs en quinze jours.

Le suivi en temps réel de l’épidémie difficile

L’Arizona donne de l’espoir. Le nombre de nouveaux cas détectés dans cet État voisin de la Californie a certes atteint les 20’000 en sept jours, mais c’était 11% de moins que la semaine précédente. «Les choses s’améliorent», témoignait jeudi Matthew Heinz, médecin dans un hôpital de Tucson, qui crédite le port du masque, notamment par un gouverneur républicain longtemps réfractaire. «Beaucoup plus de gens portent des masques par rapport à il y a un mois», dit-il à l’AFP. Les hospitalisations y sont nettement en baisse depuis juin.

Sur l’ensemble du pays, l’épidémie est loin d’être contenue. Mais le nombre de nouveaux cas a augmenté de 7% en une semaine, soit moins que les +20% enregistrés dans les semaines précédentes. Le pays a identifié plus de 60’000 nouveaux cas quotidiennement depuis neuf jours. Et les modèles épidémiques prédisent, en moyenne, un pic national dans les quatre prochaines semaines, selon Nicholas Reich, de l'université du Massachusetts, qui agrège les modèles d’une vingtaine de centres de recherche.

Il prévient qu’on ne peut pas être certain d’avoir atteint un tournant, car dans des endroits comme le Texas et la Floride, les gens doivent faire la queue des heures pour un test, et les résultats mettent trois, quatre ou sept jours à être communiqués, ce qui brouille le suivi en temps réel de l’épidémie. La stabilisation «est sans doute en partie due aux embouteillages de tests», dit Nicholas Reich à l’AFP.

William Schaffner, professeur à l’université Vanderbilt, préfère rester pessimiste pour l’instant. «Les circonstances restent très, très fragiles», dit-il à l’AFP. «Beaucoup de gens continuent à ignorer la distanciation physique et les masques».

Morts à venir

Le consensus scientifique est que la vague des décès suit de trois ou quatre semaines celle des infections. La courbe des cas est repartie à la hausse mi-juin, et celle des morts remonte modérément depuis début juillet sans signe de ralentissement, atteignant ces deux derniers jours environ un millier de morts. Le Texas, la Californie, l’Alabama, l’Idaho ont chacun annoncé mercredi des records de décès en 24 heures (et pour la Californie, un record aussi du nombre de nouveaux cas). La Floride également jeudi, avec 173 décès.

Il est difficile de prédire jusqu’où les morts monteront, car la mortalité n’est plus aussi forte qu’au début de la pandémie, quand les médecins découvraient une toute nouvelle maladie. Aujourd’hui deux médicaments ont prouvé leur efficacité, les hôpitaux utilisent les respirateurs de façon plus subtile, et les malades sont plus jeunes. «Mais tout comme en avril, stabiliser ne suffira pas: le but est de supprimer, pas juste d’atténuer», dit à l’AFP Thomas Tsai, médecin et chercheur à Harvard.

Thomas Tsai s’inquiète déjà de voir d’autres régions prendre le relais, comme le Missouri. Le Mississippi et Porto Rico sont aussi en pleine explosion. L’erreur des États-Unis fut de brûler les étapes du déconfinement en mai, et d’avoir rouvert trop tôt, trop vite, avant que la courbe des contagions soit complètement redescendue comme en Europe. Si un tournant était réellement atteint cet été, Thomas Tsai insiste que le pays devra avoir la patience de continuer distanciation physique, port du masque, et une politique proactive de tests.

(AFP/NXP)

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