Justice: Le cas d’une Salvadorienne condamnée pour avortement examiné
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JusticeLe cas d’une Salvadorienne condamnée pour avortement examiné

Condamnée en 2008 pour avortement, une Salvadorienne était morte le 30 avril 2010 à l’hôpital, où elle était soignée pour un cancer de la lymphe.

Morena Herrera, coordinatrice du Groupe citoyen salvadorien pour la dépénalisation de l’avortement, demande à rétablir «la dignité» de Manuela.

Morena Herrera, coordinatrice du Groupe citoyen salvadorien pour la dépénalisation de l’avortement, demande à rétablir «la dignité» de Manuela.

AFP

La Cour inter-américaine des droits de l’homme va examiner à partir de mercredi le cas d’une Salvadorienne condamnée pour avortement et morte en détention.

Manuela -- un pseudonyme, car la famille a demandé que son nom ne soit pas révélé -- avait été condamnée en août 2008 pour avortement. Selon sa famille, il s’agissait d’une fausse couche. Condamnée à trente ans de prison pour «homicide aggravé», Manuela est morte, attachée à son lit, le 30 avril 2010 dans le service pénitentiaire de l’hôpital national de San Salvador, où elle était soignée pour un cancer de la lymphe.

«Ce que je demande, c’est que l’on rende justice à ma famille et à ma maman. Que l’on ne fasse plus subir à d’autres ce qu’ils ont fait à ma maman», a déclaré le fils aîné de Manuela, âgé de 21 ans, lors d’une conférence de presse. L’arrêt de la Cour, qui siège à San José de Costa Rica, pourrait n’être rendu que dans un an. C’est la première fois qu’un cas de condamnation pour avortement au Salvador est porté devant la Cour, souligne Catalina Martinez, la directrice pour l’Amérique latine de l’ONG Centre des droits de reproduction.

Avortement interdit au Salvador

«Nous demandons que la Cour ordonne des mesures (de réparation) pour que l’État du Salvador assume ses différentes responsabilités» et rétablisse «la dignité» de Manuela, réclame de son côté Morena Herrera, coordinatrice du Groupe citoyen salvadorien pour la dépénalisation de l’avortement (ACDATEE). Manuela, qui ne savait ni lire ni écrire, vivait dans une zone rurale déshéritée. Selon Sara Garcia, du Collectif féministe du Salvador, c’est le cancer non diagnostiqué dont elle souffrait qui a provoqué la fausse couche.

Le code pénal salvadorien interdit strictement l’avortement et prévoit des peines de 8 ans de prison. Cependant, très souvent, les juges qualifient la perte de l’enfant à naître d’«homicide aggravé», réprimé par des peines pouvant aller jusqu’à 50 ans de prison. Une vingtaine de femmes sont toujours emprisonnées au Salvador pour de tels faits, selon la Fondation pour l’application du droit (Fespad).

(AFP)

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