Lausanne/Genève: Le casse-tête du compost des déchets végétaux
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Lausanne/GenèveLe casse-tête du compost des déchets végétaux

Les autorités misent sur les habitants pour trier leurs ordures. Avec quantité de subtilités peu pratiques.

par
Frédéric Nejad Toulami
photo: Kein Anbieter

A Lausanne, se débarrasser de ses détritus n'est pas une mince affaire. On est censé faire le tri entre déchets végétaux cuits et crus. Et il faut vider à la main son sac plein d'ordures organiques dans le container, pour faciliter le travail des compostières. Celles-ci abhorrent les sachets non biodégradables. De plus, il faut jeter séparément les restes carnés dans son sac poubelle ordinaire, taxé, en raison des filières de tri différentes: soit le compostage soit la méthanisation (biogaz).

«C'est trop compliqué, on ne facilite pas la vie des Lausannois!» Ingénieur et élu Vert dans la capitale vaudoise, Vincent Rossi est agacé par la problématique du tri de ces déchets ainsi que des sacs non biodégradables que «le lobby du plastique en Suisse continue à imposer.» Déposé au conseil communal en septembre 2014, son postulat intitulé «Déchets compostables: sortir du bourbier» vient d'obtenir une réponse de l'Exécutif, débattue ce mardi soir. Elle tombe cependant au moment où la nouvelle majorité du Conseil National (à Berne) a refusé d'entrer en matière de la proposition du député Dominique de Buman (FR/PDC) d'interdire les sacs plastiques. Or, la Municipalité lausannoise comptait sur une législation fédérale en la matière...

Séparation entre végétaux crus et cuits

Chef de service de la propreté urbaine à Lausanne, Stéphane Beaudinot rappelle que la Ville a pour l'instant misé sur la filière compost. «Quant à la séparation entre végétaux crus et cuits, c'est pour éviter la pourriture dans les containers communs, avec dégagement de fortes odeurs, ainsi qu'une prolifération de vers», explique-t-il.

Taxe au sac: les irréductibles genevois

Les politiciens genevois espèrent atteindre un taux de recyclage de 50% des déchets de cuisine et ce sans recourir à la taxe poubelle. «Genève souhaite démontrer qu'elle est capable de trier comme le reste du pays par conviction», a indiqué hier le Département de l'environnement. Tous les autres cantons ont mis en pratique le système de la taxe au sac, sur le principe du pollueur-payeur imposé par la législation fédérale. Dans le Valais romand, c'est en cours.

Un bac percé de trous

Le canton de Genève fera distribuer gratuitement une petite poubelle à 100'000 ménages à partir de septembre 2016. D'une contenance de 6 litres, ce bac percé de trous est équipé d'un sac biodégradable pour recueillir les déchets organiques. En laissant passer l'air, cela permet d'assécher les ordures de cuisine et ainsi limiter jus et mauvaises odeurs. Ces détritus constituent plus d'un tiers du contenu des poubelles des ménages genevois.

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