Actualisé 24.03.2016 à 11:52

Football – Equipe de SuisseLe cauchemar des fans va se réaliser

En déplacement, c'est bien connu, les supporters n'hésitent pas à «se mettre minable». A Dublin, pourtant, cela risque d'être bien compliqué ce vendredi.

de
Robin Carrel, Dublin
En 2004, lors du match de qualification Suisse-Irlande disputé à Bâle, les fournisseurs s'étaient assurés de pouvoir abreuver les fans. Ca ne sera pas vraiment le cas cette fois, à Dublin.

En 2004, lors du match de qualification Suisse-Irlande disputé à Bâle, les fournisseurs s'étaient assurés de pouvoir abreuver les fans. Ca ne sera pas vraiment le cas cette fois, à Dublin.

photo: Keystone/Markus Stuecklin

Dublin, Temple Bar, ses pubs, sa distillerie Jameson, son «Guinness Storehouse», ses discothèques, sa réputation... Et pourtant. Les suiveurs de l'équipe de Suisse, qui ont eu l'occasion de bien se remplir la panse dans tous les sens du terme lors de récents déplacements en Slovaquie, en Autriche, en Lituanie ou encore en Estonie et en Angleterre risquent d'en être pour leurs frais cette fois. L'Irlande est un pays très, très catholique et on n'y badine pas avec le «Good Friday», le Vendredi Saint.

Barricades dans les supermarchés

Ce vendredi sera, en effet, l'un des deux «dry days» de l'année. Un «jour sec», lors duquel les pubs et les restaurants sont quasiment tous fermés. Pendant vingt-quatre heures, même les magasins lambda doivent dresser des barricades devant certains de leurs rayons, afin d'empêcher l'accès aux vins, spiritueux et autres boissons mousseuses et néanmoins alcoolisées. Quelques restaurants restés ouverts pourront, selon certaines sources, servir le précieux liquide, mais seulement si les clients prennent un vrai repas. Et encore, cela reste à vérifier.

Le texte de loi posant problème date de 1928 et a été révisé il y a une quinzaine d'années à peine. Il ne laisse aucune place au doute: «Il est illégal pour quiconque de vendre ou d'exposer à la vente toute boisson alcoolisée, d'ouvrir ou de laisser ouvert tout établissement vendant des liqueurs intoxicantes toute la journée du Vendredi Saint et de Noël» est-il écrit dans l'«Intoxicating Liquor Act» daté de l'an 2000, dans sa partie II, section 3,1,a.

«Dans l'intérêt de la société»

Des associations de tourisme et des clubs de sport ont bien tenté de remettre en cause cette loi. Il y a une année encore, de nombreux commerces ont tenté de faire changer cette législation, mais rien n'y a fait. Le ministre du Tourisme Raphael Donhoe a refusé d'entrer en matière. «Ces lois sont justes et dans l'intérêt de la société», avait-il lâché à l'époque. La ministre de la Justice Frances Fitzgerald avait, quant à elle, promis d'étudier la question. «Mais pas en 2015», avait-elle ajouté. Une année plus tard, rien n'a changé, pour le plus grand malheur d'une large frange de supporters de la Nati.

«Qu'est-ce que vous voulez, c'est religieux», soupire le patron d'un bar sis sur la mythique rue Temple Bar, du centre de la capitale irlandaise, tout en haussant les épaules. «Mais ce n'est que deux fois dans l'année», ajoute-t-il. On lui rapporte que, selon certaines sources, l'Aviva Stadium, où se déroulera la partie Irlande-Suisse, devrait toutefois être «arrosé» vendredi soir, histoire de ne pas trop troubler les supporters habitués à la chose. «Aucune idée», indique-t-il. Un peu plus tard, il vient tout de même se confier: «Vous dormez dans cet hôtel?» Puisque la réponse est affirmative, il nous soulage: «Alors ça devrait aller.» À vérifier après le match.

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