Actualisé 15.03.2006 à 09:11

Le «Cavaliere» à l'attaque malgré son retard

Silvio Berlusconi et Romano Prodi se sont livrés à de vifs échanges lors de leur premier duel télévisé en vue des élections italiennes d'avril.

En retard dans les sondages, le président du Conseil a été très combattif, le leader de la gauche se montrant lui plutôt confiant sur sa victoire.

Le débat a eu lieu devant les caméras de la télévision publique RAI 1, selon les règles très strictes du débat à l'américaine, avec des temps de parole strictement limités.

Le modérateur, le directeur du téléjournal de RAI 1 Clemente Mimun, a toutefois eu bien du mal à faire respecter les temps de parole à M. Berlusconi, qui a dépassé la limite dès la première question. Le «Cavaliere» a eu l'air peu impressionné par les timides appels à l'ordre de M. Mimun, qui a été son employé lorsque ce dernier travaillait à Canale 5, une des chaînes du premier ministre.

Justice distributive

Le débat, alimenté par les questions de deux journalistes, a porté notamment sur la fiscalité. L'ancien président de la Commission européenne a affirmé que la gauche, si elle arrivait au pouvoir, diminuerait le coût du travail. Elle ferait toutefois en sorte d'augmenter la justice distributive en luttant contre l'évasion fiscale.

Il a ajouté que l'Italie devait à nouveau devenir un pays concurrentiel, dans un climat de «justice et d'équité».

De son côté, le chef de la coalition de droite a affirmé que son gouvernement a diminué les impôts durant ses cinq années au pouvoir. Il a régulièrement attribué les problèmes de l'Italie aux précédents gouvernements de gauche, qui ont «détruit les comptes» du pays.

Conflit d'intérêts

Romano Prodi a alors ironisé sur ces références incessantes au passé, «jusqu'à Garibaldi», rappelant que la droite a eu durant cinq ans une majorité très confortable et qu'elle aurait eu tout le temps de procéder aux réformes nécessaires.

Les deux protagonistes ne se sont pas ménagés. Silvio Berlusconi a lancé plusieurs flèches à l'égard du leader de l'opposition, affirmant qu'il était à la tête d'une coalition «bagarreuse». Il a en outre accusé la gauche de vouloir revenir au pouvoir pour favoriser «sa clientèle».

Romano Prodi a rappelé pour sa part les conflits d'intérêts multiples entourant Silvio Berlusconi, qui est à la tête d'un empire médiatique et financier. Il a affirmé que la gauche, quand elle sera au pouvoir, adoptera une loi qui séparera clairement politique et affaires, «comme dans toutes les démocraties».

Beaucoup d'indécis

Selon la dernière enquête publiée par le quotidien de gauche «Repubblica», l'avance de l'Union de Romano Prodi a fondu de 0,2 % en une semaine, à 4,3 %. La gauche est créditée de 52 % des intentions de vote, contre 47,7 % à la Maison des Libertés (CDL, la coalition au pouvoir).

Selon un sondage publié mardi par le «Corriere della Sera», 24 % des électeurs sont encore indécis. Un 2e débat télévisé est agendé le 3 avril, toujours sur RAI 1.

Les deux hommes s'étaient déjà affrontés en 1996 et Romano Prodi avait à chaque fois dominé son rival. Lors des élections de 2001, M. Berlusconi, sûr de sa victoire, avait refusé de débattre avec le leader de la gauche de l'époque, Francesco Rutelli. (ats)

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