Actualisé 14.12.2009 à 21:22

Agression de BerlusconiLe cavaliere pourrait sortir mercredi

Silvio Berlusconi, qui devra rester à l'hôpital au moins jusqu'à mercredi après avoir été blessé au visage dimanche à Milan par un objet lancé par un déséquilibré, a reçu lundi de nombreux messages de soutien de personnalités internationales.

M. Berlusconi, 73 ans, blessé à la lèvre et au nez et qui a aussi deux dents cassées, a perdu un demi-litre de sang à la suite de l'agression, a révélé son médecin personnel.

«Nous diffuserons le bulletin médical demain (mardi) matin, mais je pense pouvoir déjà anticiper que Silvio Berlusconi ne sortira pas de l'hôpital avant 36 heures», a déclaré dans la soirée à l'agence de presse italienne Ansa le docteur Alberto Zangrillo, de l'hôpital San Raffaele à Milan (nord), où est soigné le chef du gouvernement italien.

«La situation est tranquille, mais (son état de santé) demande à être surveillé de manière attentive. Les fractures des os peuvent avoir des effets qui doivent être contrôlés», a-t-il ajouté.

Des maux de tête

Selon le médecin, M. Berlusconi souffre d'un fort mal de tête et se nourrit avec difficulté à cause de ses blessures.

M. Zangrillo a estimé que le chef du gouvernement italien ne pourrait pas reprendre son travail «avant 10 jours». Quant à l'état psychologique de son patient, il a expliqué que «son moral est moins bon qu'hier soir». «Il est abattu et triste, mais c'est un lion, il réagira», a-t-il ajouté.

Le président du Conseil a renoncé à se rendre au sommet de Copenhague sur le climat cette semaine.

Messages de soutien

Il a reçu dans la journée de nombreux messages de soutien. Son grand ami le Premier ministre russe Vladimir Poutine et le président français Nicolas Sarkozy ont été les premiers à l'appeler, avant les messages de réconfort du pape Benoît XVI, du Premier ministre britannique Gordon Brown, de la chancelière allemande Angela Merkel et de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton.

Le président du Parlement européen Jerzy Buzek a «fermement condamné» l'agression, rejoint par les conservateurs du Parti populaire européen (PPE), dont est membre le Parti du peuple de la liberté (PDL) de M. Berlusconi.

Soigné depuis dix ans

L'agresseur, incarcéré dans une cellule isolée à Milan pour «blessures aggravées préméditées», est surveillé en permanence par un gardien.

Massimo Tartaglia, 42 ans, qui a utilisé comme arme une reproduction de la cathédrale gothique de Milan de neuf centimètres de haut, était soigné depuis dix ans pour troubles mentaux. S'il est reconnu responsable, il risque une peine allant de cinq mois et demi à cinq ans de prison.

Pour la presse comme pour la classe politique qui a été unanime à condamner l'agression, la violence du geste, même s'il a été commis par un déséquilibré, illustre «une grave dégradation du climat politique en Italie».

«Ce qui est arrivé résulte d'un climat de haine», a déclaré Paolo Bonaiuti, porte-parole de M. Berlusconi.

Le président italien, Giorgio Napolitano, a appelé la classe politique à «ne pas alimenter les tensions», dans une interview au directeur du journal télévisé Tg2 citée par Ansa. Il y a une «exaspération dangereuse de la polémique politique» et «il faut y mettre un terme», a déclaré M. Napolitano.

L'atmopshère politique est alourdie par les procès en cours contre Silvio Berlusconi pour faux en bilan et corruption de témoins, par les scandales sexuels et, plus récemment, les accusations d'un mafieux repenti à son encontre.

Il se pose en victime

M. Berlusconi se dit victime d'un «complot» de la gauche qui sème «la haine et l'envie», des médias accusés de répandre «mensonges et calomnies», et des «juges politisés».

La presse s'interroge par ailleurs sur les «lacunes» dans la protection du chef du gouvernement et relevait deux carences: qu'un homme ait pu s'approcher si près de lui et que M. Berlusconi n'ait pas été évacué immédiatement.

Le ministre de l'Intérieur Roberto Maroni a pour sa part estimé qu'il n'y avait «rien à reprocher» aux gardes du corps de M. Berlusconi.

(afp)

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