Conseil fédéral: Le centre-droit annonce la couleur pour 2011
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Conseil fédéralLe centre-droit annonce la couleur pour 2011

Entre la dinde de Noël et le buffet du Nouvel-an, les politiciens fourbissent déjà leurs armes en vue de l'année électorale 2011.

Les présidents du PLR et du PDC affichent leurs ambitions: ils espèrent chacun décrocher au moins trois sièges supplémentaires au Conseil national. La présidente de la Confédération 2011 Micheline Calmy-Rey exhorte de son côté les partis à savoir raison garder durant cette campagne, afin de préserver la concordance.

Le président du PDC Christophe Darbellay espère voir sa formation, qui occupe actuellement 31 sièges au Conseil national et 15 au Conseil des Etats, décrocher trois fauteuils de plus au Parlement. Il convoite une part électorale de 17% contre 14,6% en 2007.

Pour atteindre cet objectif, le PDC va mettre la main au portemonnaie. Il engagera trois millions de francs dans la campagne, soit trois fois plus qu'en 2007, a déclaré Christophe Darbellay au journal alémanique «Der Sonntag».

Possible retrait du PLR

La progression envisagée est très similaire du côté libéral-radical. Le président Fulvio Pelli veut atteindre 20% des voix. Ce serait plus de 4% de plus que le score du Parti radical lors des élections de 2007 et près de 2% de plus que ce que représente le nouveau PLR rassemblant radicaux et libéraux. En termes de sièges, Fulvio Pelli espère passer de 35 à plus de 40 sièges. Le budget pour la campagne est pour l'heure de 2,6 millions de francs, mais Pelli estime que c'est insuffisant. Le PLR cherche à étoffer l'enveloppe.

Fulvio Pelli s'est aussi exprimé sur la concordance et le fonctionnement du Conseil fédéral. Il n'exclut pas totalement l'idée de voir le PLR sortir du gouvernement en cas de poursuite de la polarisation UDC-PS qui grippe la concordance. «Toutes les options sont ouvertes en attendant les élections. Le fait est que ce n'est pas la faute du PLR si le système de concordance ne fonctionne plus. Nous ne voulons pas porter de responsabilité à cet égard», précise le Tessinois dans le «SonntagsBlick».

Christophe Darbellay estime quant à lui que le Parti socialiste perd le sens des réalités. Il est «le PS le plus à gauche à l'ouest de l'Oural».

La pirouette de Calmy-Rey

Elue à la présidence de la Confédération pour 2011 avec un score historiquement bas, Micheline Calmy-Rey appelle de son côté les partis à la raison en cette année électorale. La Suisse a besoin de concordance, d'un gouvernement fort et uni pour résister aux pressions extérieures, a-t-elle déclaré à la «SonntagsZeitung». A ses yeux, il serait dangereux de briser ce système et de voir certains courants politiques sortir du gouvernement.

Accusée par d'aucuns d'affaiblir elle-même la concordance et la collégialité en alternant fuites et retenue d'informations, Micheline Calmy-Rey rejette ces reproches. Elle assure par exemple avoir bien informé le Conseil fédéral durant la crise libyenne.

Et la présidente de la Confédération de préciser qu'elle s'attachera tout particulièrement en 2011 à l'amélioration des relations avec l'Union européenne (UE). Un Conseil fédéral fort ne sera pas de trop pour défendre les intérêts de la Suisse dans un contexte difficile.

Interrogée sur un éventuel départ au terme de son année présidentielle, la socialiste s'en tire par une pirouette:«Mon médecin m'a dit que je deviendrai centenaire; j'ai encore beaucoup de temps».

(ap)

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