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Le centre-droit vaudois sous pression à cause de la campagne de l'UDC

La bataille électorale dans le canton de Vaud se focalise sur le Conseil des Etats.

Le ticket Charles Favre (PRD) - Guy Parmelin (UDC) veut reconquérir le siège occupé par les socialistes. La campagne musclée de l'UDC met l'unité du centre- droit sous pression.

Avec le départ des deux représentants vaudois à la Chambre des cantons, la radicale Christiane Langenberger et le socialiste Michel Béguelin, la bataille pour la succession est très ouverte. Elle pourrait même déboucher sur du jamais vu.

Pour la première fois, un UDC ou un écologiste romand pourrait entrer au Conseil des Etats. Mais d'ici là, des inconnues de taille subsistent. Le centre-droit a voulu à tout prix offrir un front uni, obligeant les libéraux à renoncer à leur propre candidat, Serge Beck.

Avec son ticket commun Favre-Parmelin, la droite entend réitérer ses succès obtenus lors des dernières cantonales, même si ses adversaires, la socialiste Géraldine Savary et l'écologiste Luc Recordon, ont de l'envergure. Ce schéma simple et efficace est cependant mis à mal par le durcissement de la campagne.

Slogans prônant l'expulsion des moutons noirs, crise autour de Christoph Blocher et de l'ancien procureur de la Confédération Valentin Roschacher, la tension est vive dans canton de Vaud. L'UDC a déposé plainte après le barbouillage systématique de ses affiches.

La visite de Christoph Blocher au Comptoir suisse et les échauffourées qui ont suivi dans le centre de Lausanne ont frappé les esprits. Des radicaux vaudois s'interrogent, plus ou moins ouvertement, sur ce qui les rapproche vraiment de l'UDC.

Les libéraux ont été encore plus fermes, jugeant choquant le style du parti agrarien. Le centre-droit, qui misait tant sur son unité, est bien obligé de reconnaître ses dissensions, à l'instar de la gauche divisée entre rose et vert.

Pour Géraldine Savary et Luc Recordon, le premier tour équivaudra à une primaire. Médiatique à souhait, la socialiste part favorite, alors que l'écologiste rechigne manifestement à trop s'exhiber.

D'autres prétendants sont sur les rangs. Le PDC lance son champion, l'ancien conseiller national Jacques Neirynck, non réélu en 2003. «A Gauche toute !» présente quatre candidats, dont Josef Zisyadis et Marianne Huguenin, ainsi que l'avocat Jean-Michel Dolivo.

Pour le Conseil national, la gauche espère équilibrer les forces en parvenant à neuf sièges sur les 18 qui reviennent au canton de Vaud. Les socialistes comptent regagner le cinquième siège perdu en 2003. En lice, Géraldine Savary, Roger Nordmann, la présidente du parti vaudois Josiane Aubert, le syndic de Morges Eric Voruz ou la députée Ada Marra.

Les Verts aimeraient obtenir un troisième siège, manqué de peu il y a quatre ans. Pour y parvenir, ils ont mis sur leur liste Luc Recordon et Daniel Brélaz, qui a dû affronter la critique à cause du cumul de ses mandats de syndic de Lausanne et de député. Pour s'assurer une élue, les écologistes ont doublé le nom d'Adèle Thorens.

L'extrême-gauche espère confirmer les deux sièges obtenus en 2003. «A Gauche toute !» lance une liste POP avec les sortants Josef Zisyadis et Marianne Huguenin et une liste «Solidarités» emmenée par Jean-Michel Dolivo.

La droite entend maintenir le statu quo, à 10 contre 8. L'UDC, qui avait doublé sa députation en 2003, veut consolider ses quatre sièges, avec un oeil sur un cinquième après sa progression régulière dans les zones urbaines du canton.

Les radicaux souhaitent conserver leurs quatre sièges. Charles Favre, Isabelle Moret, Olivier Français et Olivier Feller sont en lice. Avec deux sièges, les libéraux seraient heureux de maintenir leur position, surtout qu'ils sortent de bisbilles avec «Ecologie libérale» qui leur a pris des forces.

ats

(ats)

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