Gaza: Le cerf-volant: nouveau «bombardier» palestinien
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GazaLe cerf-volant: nouveau «bombardier» palestinien

D'un simple jeu, le cerf-volant est devenu une arme de contestation pour les Palestiniens qui en font usage pour atteindre les soldats israéliens de l'autre côté de la frontière.

Ces jeunes s'apprêtent à lâcher le cerf-volant auquel est accroché un combustible en direction des soldats israéliens.

Ces jeunes s'apprêtent à lâcher le cerf-volant auquel est accroché un combustible en direction des soldats israéliens.

Capture d'écran Vidéo AFP

Après les pierres et les cocktails Molotov, les Palestiniens qui protestent dans la bande de Gaza ont trouvé avec les cerfs-volants un nouveau moyen pour tenter d'atteindre les soldats israéliens de l'autre côté de la frontière. Des dizaines de ces cerfs-volants ont été lancés vendredi.

Les Palestiniens ont accroché un message à leurs dérisoires aéronefs: «Sionistes: vous n'avez rien à faire en Palestine. Retournez d'où vous venez». «Nous voulons faire en sorte que l'ennemi se sente en permanence en état d'urgence», a expliqué jeudi un jeune Palestinien participant avec d'autres adolescents à la confection de ces cerfs-volants.

Sous un olivier, à quelques centaines de mètres de la barrière de sécurité lourdement gardée par les soldats israéliens, ces adolescents s'affairent autour de papiers de couleur et de bouteilles en plastique vides. De leurs mains naît un cerf-volant auquel ils attachent une bouteille préalablement remplie de combustible. Puis ils marchent vers la frontière.

Là, à distance assez sûre pour ne pas se faire tirer dessus, ils enflamment la bouteille et lâchent le cerf-volant. Une fois qu'il est dans les airs, ils le libèrent du fil qui le retient et le suivent du regard passer au-dessus de la frontière et retomber dans un jaillissement de flammes du côté israélien.

Cailloux, pneus et engins incendiaires

Les cerfs-volants sont en passe de devenir l'un des emblèmes de la «marche du retour», le mouvement lancé le 30 mars à Gaza pour revendiquer le droit des Palestiniens à retourner sur les terres dont ils ont été chassés ou qu'ils ont fuies à la création d'Israël en 1948. Il s'agit aussi de secouer le blocus qu'Israël impose depuis plus de dix ans pour contenir le Hamas qui dirige le territoire.

Depuis fin mars, des dizaines de milliers de Palestiniens se sont massés à quelques centaines de mètres de la frontière israélienne. Certains se détachent pour aller lancer des cailloux et des engins incendiaires ou faire rouler des pneus enflammés vers des soldats.

Ceux qui s'approchent trop près risquent leur vie sous le feu des tireurs israéliens. Israël assure que ses forces ne tirent que lorsque c'est nécessaire, mais a prévenu qu'il ne laisserait personne forcer la barrière ou menacer ses soldats.

Récoltes visées

Ces cerfs-volants permettent d'atteindre Israël sans s'exposer, explique un jeune Palestinien. Sur les réseaux sociaux, on commence à faire référence au «vendredi des cerfs-volants». Un dessin humoristique circule montrant un cerf-volant lançant des flammes vers un soldat israélien. Son titre: «le F-16 palestinien», en référence à l'avion de guerre.

Au début de la protestation, quelques cerfs-volants seulement s'élevaient dans le ciel. Mais progressivement, ils se font plus nombreux et un certain nombre ont été équipés de substances incendiaires, voire d'engins explosifs selon l'armée israélienne. Celle-ci a laissé entendre dans un message à l'AFP qu'elle traitait ces procédés comme les autres et «agirait contre quiconque s'en prend à la sécurité d'Israël». Les cerfs-volants qui ont atteint Israël n'ont jusqu'ici guère causé de dommage en dehors de quelques cultures calcinées. «Nous avons eu quelques incidents du genre. Nous intervenons comme sur n'importe quel incendie», a indiqué le porte-parole des pompiers israéliens.

Etant donné l'asymétrie des moyens dans cette confrontation, c'est déjà un début jugent les jeunes Palestiniens. «Des récoltes incendiées, cela peut représenter des millions de shekels israéliens perdus par l'ennemi», résume un jeune manifestant. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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