Proche-Orient: Le cessez-le-feu dans la bande de Gaza est «mort»

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Proche-OrientLe cessez-le-feu dans la bande de Gaza est «mort»

Palestiniens et Israéliens ont recommencé à se tirer dessus mardi, stoppant net les négociations en cours pour une trêve durable et jetant la bande de Gaza dans l'angoisse d'une reprise de la guerre.

Plusieurs roquettes tirées de Gaza ont visé dans l'après-midi de mardi le sud d'Israël. Elles n'ont pas fait de victimes ou ont été interceptées par le système de défense antimissiles «Dôme de fer» au-dessus de la ville de Netivot (sud), a indiqué l'armée. Un autre engin a touché Tel-Aviv dans la soirée, sans faire de blessé. La branche armée du Hamas a revendiqué ces tirs mardi soir.

Un porte-parole militaire israélien a précisé que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait ordonné à l'armée de frapper des «cibles terroristes» à Gaza. Selon une source palestinienne, l'armée israélienne a procédé à au moins 35 frappes aériennes.

L'un de ces raids a touché mardi soir une maison de la ville de Gaza, tuant une femme et une fillette de 2 ans et blessant seize personnes, a indiqué le porte-parole des secours palestiniens Achraf al-Qodra. Selon des témoins, au moins trois roquettes ont visé la maison, à proximité des locaux de la station de radio Al-Aqsa, organe du mouvement Hamas qui contrôle l'enclave palestinienne.

Soutien des Etats-Unis

Les Etats-Unis se sont dits «très inquiets» de la rupture du cessez-le-feu et en ont fait porter la responsabilité sur le groupe islamiste Hamas. «Israël a le droit de se défendre contre ces attaques», a déclaré une porte-parole du département d'Etat.

Un responsable israélien a déclaré que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait rappelé les négociateurs israéliens participant aux pourparlers du Caire. Israël n'a cependant pas précisé si les négociations indirectes sous l'égide de l'Egypte étaient rompues.

De son côté, le chef de la délégation palestinienne au Caire, Azzam al-Ahmed, a annoncé dans la nuit de mardi à mercredi l'échec des pourparlers avec Israël et a précisé que les négociateurs palestiniens quittaient à leur tour l'Egypte. Il a accusé Israël d'être responsable de l'échec: «Il y a eu une décision israélienne pour que les discussions échouent», a-t-il dit.

Un porte-parole du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a aussitôt démenti, ajoutant que c'est la reprise des tirs de roquettes par les factions palestiniennes qui avait «rendu impossible la poursuite de ces discussions».

Conférence pour la défense des civils

Un journaliste de l'AFP a vu des centaines de Gazaouis encombrés de sacs et de matelas abandonner Chajaïya pour aller s'abriter dans les écoles de l'ONU transformées en refuges. Des témoins ont vu des milliers d'autres Gazaouis quitter les secteurs de Zeitoun et Chaaf après avoir entendu une série d'explosions.

Dans ce contexte, une délégation de la Ligue Arabe est partie pour la Suisse pour discuter de la possibilité d'organiser une conférence pour la défense des civils dans les territoires palestiniens. Selon l'agence de presse officielle koweïtienne Kuna, elle doit rencontrer notamment le président du CICR, Peter Maurer, et le haut-commissaire de l'ONU pour les réfugiés, Antonio Guterres.

Revendications divergentes

Lundi soir, les deux camps s'étaient accordés in extremis, à la demande des Egyptiens, pour prolonger de 24 heures jusqu'à mardi minuit la trêve en cours. Leurs discussions avaient repris avant les tirs des roquettes.

Les Palestiniens ont affirmé maintes fois qu'ils ne signeraient aucun accord qui ne prévoirait pas une levée du blocus israélien de Gaza. Les Israéliens font eux de la démilitarisation de l'enclave une condition sine qua non.

Une proposition soumise par l'Egypte préconise un accord sur les points les moins sensibles, comme l'élargissement de la zone de pêche des Gazaouis ou encore l'aide humanitaire et aux réparations d'Israël.

La clé de cet accord reposerait sur un point: la gestion de la sécurité et des futures discussions serait confiée à l'Autorité palestinienne, derrière laquelle le Hamas - qui a pris le contrôle de Gaza en 2007 par la force - s'effacerait.

Des sujets aussi épineux que l'ouverture d'un port et d'un aéroport, à laquelle les Israéliens sont opposés, ou la restitution des corps de deux soldats israéliens morts en échange de la libération de détenus palestiniens, seraient, eux, remis à dans un mois. (afp)

Six palestiniens tués dans une frappe aérienne

Six personnes, dont trois enfants, ont été tuées mercredi matin lors d'un raid israélien contre une maison de Deir el-Balah, dans la bande de Gaza, ont annoncé les services de secours palestiniens.

Parmi les morts figurent un homme de 32 ans, trois de ses enfants et sa femme, qui était enceinte. Un autre homme --l'oncle des enfants-- a également été tué.

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