Actualisé 04.08.2009 à 19:22

AutricheLe chalet de Daniel Vasella incendié

Un incendie probablement d'origine criminelle a causé d'importants dommages dans la nuit de dimanche à lundi à la villa autrichienne du patron de Novartis, Daniel Vasella.

von
mlu/mac

Pour les renseignements intérieurs helvétiques (SAP), il pourrait s'agir d'une attaque de défenseurs des animaux.

«D'après les traces, il s'agit probablement d'un acte d'origine criminelle», a indiqué mardi à l'ATS Walter Pupp, porte-parole de la police criminelle du Tyrol. Une centaine de pompiers ont mis environ une heure à maîtriser l'incendie quin'a fait aucun blessé.

Mais les enquêteurs autrichiens n'ont encore aucun indice concret sur les auteurs éventuels de cet acte ni sur leurs motivations. «Nous menons des recherches tous azimuts, y compris en direction des militants de l'organisation de protection des animaux SHAC», a précisé le porte-parole.

Actuellement, les policiers interrogent les habitants des environs de Bach, où se situe la maison de vacances de Daniel Vasella. La SHAC (Stop Huntingdon Animal Cruelty) ne s'est pour l'instant jamais manifestée dans le Tyrol, selon M. Pupp.

Novartis ne doute pas

Alors que la police étudie aussi d'autres pistes, Novartis dit n'avoir «aucun doute» sur les auteurs de l'incendie. Selon le porte- parole du groupe pharmaceutique bâlois, Satoshi J. Sugimoto, il s'agit de défenseurs des animaux. Et d'ajouter qu'un accélérateur d'incendie professionnel a été utilisé lors de cet acte volontaire.

Le service d'analyse et de prévention (SAP) suit lui également la piste de militants défenseurs des animaux. «Il s'agit peut-être d'un nouveau stade dans leur combat», explique son directeur Jürg Bühler. Mais d'ajouter que le responsable peut aussi être issu d'autres rangs.

Déjà visé

Ce n'est pas la première fois que le patron de Novartis, Daniel Vasella, qui ne se trouvait pas sur les lieux, est l'objet d'un acte de malveillance: la semaine passée, la tombe de sa mère, dans le caveau familial, avait été profanée au cimetière de Coire.

Ces dernières semaines, des militants de la SHAC ont à plusieurs reprises recouru à la menace pour intimider des employés de Novartis. Ils n'ont pas hésité à mettre le feu aux voitures de ses collaborateurs. Une installation sportive du groupe pharmaceutique a été incendiée en France.

Basée en Grande-Bretagne, la SHAC milite pour la fermeture d'une entreprise britannique qui mène des expérimentations sur des animaux sur mandat de firmes pharmaceutiques. Elle est considérée comme terroriste dans certains pays.

Précédente mise en garde

Dans son rapport 2006 sur la sécurité intérieure, l'Office fédéral de la police avait mis en garde contre l'organisme et contre le front de libération des animaux. Selon lui, «les défenseurs des animaux recourant à la violence causent parfois d'importants dégâts matériels. Ils n'hésitent pas non plus à porter physiquement atteinte à des personnes, comme le montrent certains exemples à l'étranger.»

Et d'ajouter que ces individus «continueront à poursuivre leurs objectifs en Suisse. Il est probable qu'ils adressent de nouvelles menaces à des personnes issues des entreprises pharmaceutiques ou chimiques internationales et qu'ils cherchent aussi à leur porter atteinte et à détériorer des installations.»

La SHAC critique le groupe bâlois parce qu'il met au point des médicaments en ayant recours à des expérimentations sur des animaux. Novartis ne révèle pas le nom des sociétés avec lesquelles il travaille. Sur son site Internet, la SHAC a aussi dans son collimateur la bourse new-yorkaise Euronext et l'entreprise pharmaceutique GlaxoSmithKline.

Note aux rédactions: Nouveau: dépêche complétée et remaniée

(mlu/mac/ats/ap)

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