Réseaux sociaux: Le chantage sexuel à la webcam renforcé par le confinement
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Réseaux sociauxLe chantage sexuel à la webcam renforcé par le confinement

Chez les ados, qui sont poussés à passer plus de temps sur internet à cause de la crise sanitaire, les cas de cyberharcèlement sont en hausse en France cette année.

Le confinement du printemps dernier a accéléré le phénomène de cyberharcèlement.

Le confinement du printemps dernier a accéléré le phénomène de cyberharcèlement.

Science Photo Library via AFP

En poussant les adolescents à être encore plus présents sur les réseaux sociaux sans être forcément encadrés par des adultes, le confinement du printemps dernier a accéléré le phénomène de cyberharcèlement. Il s’est ensuite confirmé avec une forte hausse des cas rapportés en septembre.

Le harcèlement en ligne prend de l’ampleur depuis plusieurs années. Typiquement, les élèves créent un groupe WhatsApp ou Facebook de classe, dans lequel messages, mais aussi insultes ou fausses rumeurs, sont immédiatement partagés d’un seul clic.

Selon un sondage réalisé par l’ONU en 2019 auprès d’adolescents de 30 pays, un jeune sur trois déclare avoir été victime de cyberharcèlement et un sur cinq avoir manqué l’école à cause de ce phénomène.

Jeudi, à l’occasion de la première journée internationale de lutte contre le harcèlement scolaire, organisée par l’UNESCO et le Ministère français de l’éducation, les ministres de plusieurs pays ont lancé en ligne un appel pour la «promotion d’un code de bonnes pratiques sur internet, afin d’aider à prévenir et combattre le cyberharcèlement des mineurs».

Augmentation de 30%

«Le rôle des réseaux sociaux aujourd’hui est décisif. Ne négligeons pas que l’assassinat de Samuel Paty n’aurait pas eu lieu sans les réseaux sociaux», a tenu à rappeler le ministre Jean-Michel Blanquer.

«Il faut en particulier que l’on soit extrêmement exigeant vis-à-vis des plateformes de réseaux sociaux […] ce n’est pas normal que ce soit si difficile de faire supprimer un contenu d’agression vis-à-vis d’un enfant. Ce n’est pas normal qu’il n’y ait pas d’algorithmes efficaces pour empêcher cela», a-t-il dit.

S’il s’est réjoui de «premiers résultats réussis sur le harcèlement», Jean-Micel Blanquer a concédé de «grandes difficultés à lutter contre le cyberharcèlement».

«Pendant le confinement, la plateforme d’écoute de notre association a enregistré une augmentation de 30% de ses sollicitations générant deux fois plus de signalements de cyberharcèlement aux plateformes», confirme de son côté à l’AFP Justine Atlan, directrice générale de l’association e-Enfance.

Insultée et menacée tous les jours

«De nombreux comptes ont ainsi été fermés, en coopération avec Snapchat et Instagram notamment, en raison de cyberviolences avérées, telles que le chantage sexuel à la webcam, le revenge porn», poursuit-elle.

Emilie, 13 ans, fait partie de ces victimes harcelées en ligne. «Le harcèlement avait commencé au collège avant mars, mais dès le début du confinement, cette ancienne amie qui me harcelait m’a inclus dans des groupes sur divers réseaux sociaux et c’est ainsi que plusieurs personnes, que parfois je ne connaissais pas, m’insultaient et me menaçaient tous les jours, car elle avait créé de fausses rumeurs à mon sujet», témoigne-t-elle. Grâce à un dépôt de plainte, un suivi psychologique et un changement de collège, Emilie dit «aller mieux» aujourd’hui.

Chantage sexuel le plus fréquent

Depuis le déconfinement, Justine Atlan observe que «les tendances enregistrées pendant le confinement se confirment avec toujours une hausse des sollicitations liées au cyberharcèlement».

«On constate ainsi une hausse de +26% par rapport à septembre 2019, suivi par la violation des données personnelles. Le chantage sexuel à la webcam demeure encore le motif de signalement le plus fréquent, qui touche souvent des garçons de 14 ans», affirme-t-elle.

Former les parents

«La période difficile que nous traversons entraîne toujours plus de tensions, qui se répercutent aussi sur les réseaux sociaux. Le confinement a fait basculer durablement nos pratiques, intégrant encore davantage la dimension numérique dans notre quotidien», indique la responsable d’e-Enfance.

«On constate que la pratique exclusive des réseaux sociaux des jeunes durant le confinement a entraîné des habitudes qui se sont installées et qui perdurent malheureusement», ajoute-t-elle. Elle souligne notamment «les risques importants pour des adolescents qui font leurs premières expériences dans la sphère numérique, seuls sur leur smartphone».

Pour enrayer ce phénomène, un rapport parlementaire publié à la mi-octobre suggère de former les parents aux bonnes pratiques du numérique. Selon cette étude française, les élèves de 3e année (14-15 ans) sont les plus exposés aux risques de cyberharcèlement en raison d’un taux d’équipement plus élevé à cette tranche d’âge. Ainsi, la moitié d’entre eux (53%) envoient plus de 100 messages par jour, dont un quart plus de 200. Et 32% avouent passer quotidiennement plus de trois heures sur Internet.

Le rapport note que les enfants sont équipés de plus en plus tôt par leurs parents de supports numériques. En 2013, 12,1% des élèves avaient leur premier portable à 10 ans, contre 15,9% en 2016. Ils étaient 31,6% à l’obtenir à 11 ans en 2013, contre 38,2% en 2016.

(ATS)

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