Lausanne-Renens (VD) - Le chantier du tram va enfin débuter
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Lausanne-Renens (VD)Le chantier du tram va enfin débuter

Des bruits en plus, des places de parc en moins, une circulation plus difficile, mais d’ici cinq ans un tram tout neuf: découvrez ce qui attend les habitants de l’Ouest lausannois ces prochaines années.

par
Pauline Rumpf

«Un vif soulagement», le sentiment décrit par la conseillère d’Etat chargée des infrastructures Nuria Gorrite était visible chez tous les acteurs présents mardi au lancement officiel des travaux du futur tram Flon-Renens. Après des années de procédures, le projet se concrétise enfin: d’ici cinq ans, l’Ouest lausannois se verra transformé et mieux desservi. D’ici là, le chantier se déploiera dans Lausanne, déjà occupée à refaire sa gare, à Renens également en plein lifting, ainsi qu’à Prilly. Bussigny et Crissier devraient également être concernés, puisque le dossier de l’extension du tram jusqu’à Villars-Ste-Croix partira cette semaine à l’Office fédéral des transports.

  • 13 millions de passagers par an, c’est la capacité du tram prévue à sa mise en service, avant d’être augmentée à terme à 18 millions. Le tramway devrait pouvoir doubler la capacité actuelle sur le réseau, sachant qu’une rame pourra contenir jusqu’à 300 personnes, que les bus à haut niveau de service (BHNS) mis en place depuis un an en contiennent 150, et un bus normal au maximum 100. Le tram remplacera deux lignes de bus aujourd’hui saturées, les 17 et 18, encore renforcées dernièrement par la 19. La fréquence prévue devrait être d’un convoi toutes les 6 minutes.

  • 2026, c’est la date à laquelle canton, communes et TL espèrent mettre en exploitation le nouveau tram. Outre les aléas habituels des chantiers, un facteur pourrait mettre ce calendrier en danger: la mise à l’enquête des optimisations, soit les adaptations du projet déposé il y a neuf ans. Le planning table sur une absence de recours au tribunal.

  • 9 ans se sont écoulés depuis que le premier projet a été mis à l’enquête. Entre deux s’est déroulée l’épopée de feu la rampe Vigie-Gonin, qui condamnait la forêt du Flon. Les autorités ont finalement trouvé une solution qui préservait cette bande d’arbres, et un accord a été passé avec les acteurs concernés. Une nouvelle route n’est plus nécessaire en raison d’une baisse de trafic de 15% en ville, et quelques réaménagements mineurs sont à prévoir.

  • 200 places de parc disparaîtront le temps du chantier. Un nombre considérable, mais faible selon les autorités en regard des près de 2000 places disponibles aux abords du tracé.

  • 500 arbres environ devront être coupés, mais plus de 600 seront replantés. Le projet prévoit plus d’espaces verts et des arbres sélectionnés pour supporter le réchauffement climatique.

  • 7h-18h, c’est l’horaire durant lequel se déroulera le chantier, avec ses nuisances sonores. Hors de ces heures, d’autres nuisances sont à prévoir, notamment la circulation réduite (mais maintenue en tout temps).

  • 7 mois, c’est le temps durant lequel la ligne ferroviaire transportant les déchets de Tridel devra être coupée. Durant cette période, les poubelles lausannoises transiteront probablement en grande partie par camion, même si d’autres pistes sont encore à creuser.

  • 500 millions de francs, soit un demi-milliard, c’est le montant total que coûtera ce chantier colossal. Plus de la moitié de cette somme provient du canton, et des apports proviennent aussi de la Confédération, des communes concernées et d’autres tiers.

Renens, laboratoire du chantier

Depuis un an, de grands axes sont déjà soumis aux travaux à Renens, comme l’avenue du 14 avril, où la circulation a été rabattue pour faire la place au tram. Comme ailleurs, les préparatifs consistent d’abord à dévier et rénover les réseaux souterrains. Les habitants ont donc déjà goûté aux désagréments du chantier, mais le vivent plutôt bien, raconte la municipale Tinetta Maystre. «Le sujet le plus tendu, ce sont les arbres, il y a eu des plaintes et même des pétitions. Nous devons beaucoup communiquer pour expliquer qu’ils seront remplacés, avec plus d’espace.»

Médiateur de chantier, Jonas Kocher a déjà vécu une année à discuter avec les Renanais aux abords des travaux, jusqu’à faire du porte-à-porte. «L’essentiel est d’anticiper, pour que les gens puissent se préparer. Il y a bien sûr des plaintes, concernant les accès, le bruit ou encore la saleté, mais aussi des remerciements pour notre boulot.»

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