Suisse: «Le charme et la qualité du séjour se perdent»
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Suisse«Le charme et la qualité du séjour se perdent»

La façon dont la Suisse utilise les surfaces pour les bâtiments, les voies de transport ou les activités touristiques est vivement critiquée par le directeur de la Fondation pour la protection et l’aménagement du paysage.

Le futur V-Bahn de Grindelwald est censé amener un million de touristes par an au Jungfraujoch, mais il obstrue la vue de la face nord de l’Eiger, cite en exemple le directeur.

Le futur V-Bahn de Grindelwald est censé amener un million de touristes par an au Jungfraujoch, mais il obstrue la vue de la face nord de l’Eiger, cite en exemple le directeur.

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Le directeur de la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage (fp), Raimund Rodewald, critique l’utilisation des terres en Suisse. Selon lui, «le charme et la qualité du séjour se perdent dans de nombreux endroits».

«Cela n’a rien à voir avec le nombre de personnes, mais avec la façon dont nous utilisons les surfaces pour les bâtiments, les voies de transport, les infrastructures, les activités touristiques», explique-t-il lundi dans une interview avec la «NZZ». Le Plateau est devenu laid, déplore Raimund Rodewald. «Il s’agit de l’esthétique des paysages et de la façon dont ils nous touchent. L’appréciation du paysage est basée sur une sorte d’histoire d’amour», avance-t-il.

L’industrie du tourisme insiste toujours qu’elle doit préserver les emplois et gagner de l’argent, et ce faisant, elle consomme le paysage, critique-t-il. Et d’illustrer: «Le V-Bahn de Grindelwald (téléphérique à double terminus sommital) par exemple, est censé amener un million de touristes par an au Jungfraujoch, mais il obstrue la vue de la face nord de l’Eiger».

Permettre de meilleures solutions

Très souvent, la conscience de préserver le beau manque. Un tourisme conscient signifie une expérience individuelle authentique et non un tourisme de masse, relève Raimund Rodewald. Le coronavirus devrait sonner le glas de l’ère du développement des sommets de toutes parts avec des chemins de fer à haute performance, espère-t-il. «L’expérience la plus forte d’un lieu étranger est la randonnée libre. Mais notre tourisme alpin est beaucoup trop lourd en infrastructures», avertit le directeur de la fp.

Raimund Rodewald ne veut toutefois pas être considéré comme un empêcheur de projets. Selon lui, il doit toujours y avoir une harmonisation des intérêts en jeu. Il est ainsi essentiel de trouver un équilibre entre l’utilisation de la nature et sa protection.

Raimund Rodewald se considère comme un catalyseur de meilleures solutions, qu’il s’agisse d’éoliennes, de construction de routes ou de la transformation d’écuries en maisons de vacances.

(ATS/NXP)

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