Le chauffeur de ben Laden trop «primitif» pour être important
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Le chauffeur de ben Laden trop «primitif» pour être important

Le principal instigateur des attentats du 11-Septembre, Khalid Cheikh Mohammed, a déclaré que l'ancien chauffeur de ben Laden était trop «primitif» d'esprit pour avoir pu participer activement à l'élaboration d'actes terroristes au sein d'Al-Qaïda.

Son témoignage s'inscrit dans la ligne de défense de Salim Hamdan, dont les avocats prétendent qu'il n'a jamais joué de rôle important au sein du réseau terroriste.

«Ce n'était pas un soldat, c'était un chauffeur», a affirmé Mohammad dans une déposition écrite de quatre pages. Il y estime qu'il s'agissait d'une personne «primitive», «illettrée», «loin de la civilisation», qui «n'était pas apte à planifier ou mettre en oeuvre» des opérations.

Il s'agissait des derniers éléments présentés par la défense lors de ce procès, le premier pour crimes de guerre devant un tribunal militaire américain depuis la Seconde guerre mondiale. Le procès est le premier d'un prisonnier de la base de Guantanamo Bay, à Cuba, parmi lesquels 21 ont été inculpés, dont Mohammed, ex-No3 d'Al-Qaïda.

Les six officiers américains qui forment le jury doivent recevoir les instructions du juge et commencer leurs délibérations lundi prochain.

Hamdan, un ressortissant yéménite, encourt une peine maximale de réclusion à perpétuité s'il est condamné pour complot et soutien au terrorisme.

Lors des deux semaines du procès, l'accusation a affirmé que Hamdan n'était pas qu'un simple chauffeur, mais qu'il faisait office de garde du corps de Ben Laden, qu'il avait une connaissance approfondie des opérations terroristes, et qu'il a prêté un serment de loyauté au chef d'Al-Qaïda.

Outre Khalid Cheikh Mohammed, qui s'est présenté vendredi comme le «directeur exécutif du 11-Septembre», un autre prisonnier de Guantanamo, Waleed bin Attash, a rendu un témoignage écrit affirmant que Hamdan «n'était pas impliqué dans la mise en oeuvre d'une quelconque attaque». Les deux prisonniers, qui ecourent eux la peine de mort, ont refusé de témoigner devant le tribunal.

Le procès a pu se dérouler malgré une décision en juin de la Cour suprême américaine, qui estimait que les prisonniers étrangers de Guantanamo, accusés d'actes terroristes, avaient le droit de contester leur détention devant la justice civile. (ap)

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