Attalens (FR) - Le chauffeur Uber est coupable sur toute la ligne
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Attalens (FR)Le chauffeur Uber est coupable sur toute la ligne

Le Tribunal de la Veveyse a rendu son verdict: 20 mois de prison avec sursis et expulsion de Suisse durant 5 ans pour un Erythréen notamment accusé de contrainte sexuelle.

par
Xavier Fernandez
C’est en sautant sur ce muret que le plaignant a pu éviter de se faire écraser.

C’est en sautant sur ce muret que le plaignant a pu éviter de se faire écraser.

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Pour les juges, aucun doute: les faits se sont produits comme décrits par les victimes. «Le Tribunal retient que, durant le trajet de Lausanne à Attalens, le chauffeur Uber a caressé le visage de sa cliente, qu'il lui a appliqué son pouce sur la bouche et que, lorsqu'elle a tenté de le repousser, il lui a pris la main gauche et l'a plaquée sur son sexe en érection. Contrairement à la version des faits du prévenu, qui a varié et confine à l'invraisemblable, celle de la plaignante est demeurée constante et est totalement corroborée par l'enregistrement audio réalisé après les faits par la victime», peut-on lire dans le dispositif envoyé aux parties vendredi.

Pour ces faits, les juges ont estimé qu’il s’agissait bien de contrainte sexuelle, et pas «seulement» d’un désagrément causé par une confrontation à un acte d’ordre sexuel, comme l’aurait souhaité la défense du chauffeur érythréen, puisqu’il y aurait eu prescription. Ils justifient cette décision en rappelant que les faits se sont déroulés en plusieurs phases et que la plaignante n’est pas parvenue à retirer sa main durant plusieurs secondes. «L’on est donc loin d’un attouchement furtif», résument-ils.

Mise en danger de la vie d’autrui

Arrivé a destination, le chauffeur a également essayé d’écraser sa cliente et son copain, à plusieurs reprises. Il s’est ainsi rendu coupable de mise en danger de la vie d’autrui, puisqu’il «ne pouvait ignorer qu'en dirigeant son véhicule vers les plaignants, respectivement en les frôlant, il risquait de les renverser». Et, pour avoir déposé une plainte pour assassinat contre le jeune homme, alors que celui-ci l’avait juste empoigné par le col, les juges ont retenu la dénonciation calomnieuse. «La légèreté des lésions constatées médicalement ne permettait de toute évidence pas au prévenu de croire que le plaignant avait voulu attenter à sa vie», commente le président Pascal L’Homme.

Pour ces trois infractions, le chauffeur a écopé d’une peine de 20 mois de prison, avec sursis durant deux ans, et il sera expulsé de Suisse pour une durée de 5 ans. «Son attitude durant l'enquête, notamment l’absence de tout regret, et le fait de nier certaines évidences, ne permettent pas de retenir des circonstances atténuantes», souligne le Tribunal.

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