Covid: Le chef de communication d’Alain Berset à l’origine des fuites

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CovidLe chef de communication d’Alain Berset à l’origine des fuites

Pendant la pandémie de Covid, Peter Lauener aurait divulgué au groupe Ringier des informations confidentielles. Ce qui a permis au «Blick» d’annoncer les décisions du Conseil fédéral avant tout le monde.

Peter Lauener en compagnie d’Alain Berset

Peter Lauener en compagnie d’Alain Berset

20min/Simon Glauser

On s’en souvient: à de nombreuses reprises pendant la pandémie de Covid, la presse alémanique, et particulièrement le Blick, était au courant des décisions du Conseil fédéral avant même que celui-ci ne se réunisse pour en parler et n’annonce ses décisions lors de conférences de presse très suivies. On sait maintenant qui était probablement à l’origine de ces fuites. Il s’agirait de l’ex-chef de la communication d’Alain Berset, Peter Lauener, annonce samedi la Schweiz am Wochenende (article payant). 

Le journal a en effet pu avoir accès à des procès-verbaux d’interrogatoire ainsi qu’à des courriels qui prouvent qu’il y a eu des contacts intensifs (quelque 180 e-mails) et des informations confidentielles échangées entre le chef de la communication et le PDG de Ringier (éditeur du Blick) Marc Walder. Le département de l’Intérieur aurait bénéficié en retour d'une couverture médiatique bienveillante. 

Le pot aux roses aurait été découvert par le procureur spécial Peter Marti dans le cadre de l’enquête sur l’affaire Crypto dans laquelle Peter Lauener est déjà soupçonné de violation du secret de fonction. Suite aux contenus de ces e-mails, Peter Lauener, mais aussi Marc Walder et Alain Berset auraient été interrogés, ce dernier pendant 6 heures. 

Contacts hebdomadaires

Selon la Schweiz am Wochenende, Marc Walder aurait indiqué avoir eu des contacts hebdomadaires avec Peter Lauener pendant la pandémie. Alain Berset aurait lui simplement confirmé une bonne relation avec Marc Walder, tout comme avec d’autres éditeurs. Peter Marti aurait voulu savoir s'il y avait eu une contrepartie de Ringier pour l'envoi d'informations confidentielles. Berset aurait répondu que cela lui semblait «inimaginable» et qu’il n’y avait «évidemment» pas d’accord du genre. 

Selon ses dires, le traitement des informations confidentielles est «précisément réglementé». Envoyer de telles infos n'est «tout simplement pas autorisé». Peter Marti aurait alors lu au ministre de la Santé quelques-uns des e-mails de Peter Lauener. Mais Alain Berset aurait réagi en disant qu'il ne pouvait pas juger si l'information était effectivement confidentielle.

«Je me trouve ici dans une situation inconfortable»

Le Fribourgeois a confirmé que ces fuites, nombreuses dans la presse, étaient un gros problème et que cela l’avait mis sous pression. «Cela m'a agacé, l'équipe le sait», a-t-il dit. «Cela a aussi conduit en partie à des menaces brutales contre ma famille», a-t-il indiqué. 

Alain Berset aurait également été interrogé au sujet d'une journaliste du SonntagsBlick et interrogé sur des contacts avec elle. «Je ne fais pas de déclaration. Je me trouve ici dans une situation inconfortable, car je ne sais pas pourquoi ce sujet est abordé. Je ne veux pas non plus me rendre punissable», aurait déclaré le conseiller fédéral.

Décisions connues avant tout le monde

Les exemples pour lesquels le Blick a su plusieurs fois à l’avance pendant la pandémie quelles décisions le Conseil fédéral prendrait sont nombreux. Ainsi le 11 mars 2021, le tabloïd évoquait un assouplissement des restrictions: les réunions privées entre amis et familles à l’intérieur devaient à nouveau être possibles à 10 au lieu de 5 personnes. Et c’est exactement ce que le gouvernement annonçait le même jour. Le Blick aurait aussi été au courant avant tout le monde que Berne allait signer des contrats pour des vaccins avec Pfizer et BioNTech. Des infos confirmées par le gouvernement peu après.

(cht)

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