Iran: Le chef de l'opposition libérale arrêté
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IranLe chef de l'opposition libérale arrêté

L'ancien ministre des Affaires étrangères iranien Ibrahim Yazdi, chef du Mouvement de Libération de l'Iran (MLI, opposition libérale) a été emmené dans la nuit de dimanche à lundi à son domicile par les services de sécurité.

Cette information a été relayée par un site internet de l'opposition.

«Des membres des services de sécurité ont arrêté M. Yazdi à trois heures du matin chez lui et l'ont emmené vers une destination inconnue», a indiqué le site Rahesabz.

Le chef du MLI, un mouvement d'opposition sans existence légale mais toléré depuis de nombreuses années, avait été convoqué la semaine dernière au ministère des Renseignements mais ne s'était pas rendu à cette convocation, a précisé le site.

Rahesabz, l'un des principaux forums de l'opposition au président Mahmoud Ahmadinejad, n'a pas donné d'autres précisions.

M. Yazdi, âgé de 78 ans, a été ministre des Affaires étrangères de l'éphémère gouvernement de Mehdi Bazargan au début de la Révolution islamique de 1979.

Secrétaire général du MLI, mouvement d'inspiration libérale dont plusieurs membres ont été arrêtés à diverses occasions, M. Yazdi a lui-même été arrêté en 1997 avant d'être placé en liberté surveillée. Il a à nouveau été brièvement détenu lors des troubles qui ont suivi la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad le 12 juin dernier.

Morts condamnées

Le candidat malheureux à la présidentielle, Mahdi Karroubi a condamné lundi la mort de cinq personnes lors d'un rassemblement de l'opposition à l'occasion de l'Achoura, l'une des fêtes les plus importantes du calendrier chiite.

Dans une déclaration postée lundi sur un site internet de l'opposition, Mahdi Karroubi se demande comment le gouvernement a pu verser le sang de son peuple le jour sacré de l'Achoura. Et il note que même le régime du Shah respectait cette fête musulmane.

«Que s'est-il vraiment passé? Ils (le régime d'Ahmadinejad) ont répandu le sang le jour de l'Achoura et envoyé un groupe de sauvages contre le peuple», s'insurge Karroubi sur le site réformiste Rah-e-Sabz.

Au moins cinq personnes sont mortes dimanche à Téhéran où pour la seconde journée consécutive, les forces de sécurité sont violemment intervenues pour réprimer des manifestations de l'opposition. Selon des témoins et des sites Internet réformateurs, la police a ouvert le feu sur des manifestants et un neveu du chef de l'opposition Mir Hossein Moussavi fait partie des cinq morts. La police iranienne a démenti que les forces de sécurité aient ouvert le feu.

Selon la télévision officielle Press TV, citant le conseil de la sécurité nationale, le bilan s'est établi à huit morts, sans donner d'autres précisions.

(ats)

Emeutes fatales

Plus de quinze personnes ont été tuées lors des émeutes de dimanche à Téhéran, dont cinq victimes de «groupes terroristes» et «plus de dix» appartenant à des «groupes antirévolutionnaires», a annoncé lundi la télévision d'Etat iranienne citant le ministère des renseignements.

«Lors d'actions suspectes, cinq personnes ont été tuées par des groupes terroristes», a indiqué la télévision dans une émission consacrée aux très violentes manifestations de l'opposition au président Mahmoud Ahmadinejad dimanche dans la capitale iranienne.

«Par ailleurs le ministère des Renseignements a annoncé que plus de dix membres connus de groupes terroristes antirévolutionnaires ont été tués» lors de ces manifestations, a ajouté la télévision sans donner davantage de précisions.

Les sites internet de l'opposition avaient recensé au moins cinq morts, dont quatre par balles, lors des émeutes de dimanche.

Un communiqué de la police avait confirmé dimanche soir le chiffre de cinq morts, en affirmant que les victimes avaient été tuées dans des «conditions suspectes» et qu'une enquête avait été ouverte.

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