Génocide rwandais: Le chef de la rébellion hutue et son adjoint arrêtés en Allemagne
Actualisé

Génocide rwandaisLe chef de la rébellion hutue et son adjoint arrêtés en Allemagne

Le chef de la rébellion hutue rwandaise (FDLR), Ignace Murwanashyaka, et son adjoint Straton Musoni ont été arrêtés mardi en Allemagne, a annoncé le parquet fédéral allemand.

Tous deux sont soupçonnés de crimes de guerre et crime contre l'humanité au Rwanda et en RDC en 2008 et 2009.

M. Murwanashyaka, 46 ans, chef des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), a été arrêté à Karlsruhe et M. Musoni, 48 ans, dans la région de Stuttgart, sur mandat d'arrêt délivré par la Cour fédérale de justice allemande le 16 novembre. Ils étaient recherchés par Interpol à la demande de Kigali.

Tous deux «sont fortement soupçonnés d'être passibles de sanctions pénales pour crime(s) contre l'humanité et crime(s) de guerre», M. Murwanashyaka étant en outre soupçonné de «diriger une organisation terroriste», précise le communiqué du parquet.

M. Murwanashyaka, visé par des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies, a déjà été arrêté puis relâché dans le passé en Allemagne, où il réside de longue date.

Longue enquête

Lui et son ajoint depuis 2005 Straton Musoni sont soupçonnés d'avoir assumé le commandement des FDLR, «milices paramilitaires» impliquées dans les guerres civiles au Rwanda et en République démocratique du Congo (RDC), précise le parquet fédéral.

Or ces milices sont «soupçonnées d'avoir tué plusieurs centaines de civils entre janvier 2008 et juillet 2009, d'avoir violé un grand nombre de femmes, d'avoir pillé et incendié de nombreux villages, d'avoir déporté en partie leurs habitants et d'avoir recruté de force de nombreux enfants-soldats».

Le parquet fédéral allemand a expliqué avoir enquêté activement depuis plus d'un an sur les deux suspects et demandé leur arrestation au vu «des éléments de preuve qui se sont accumulés». La Cour fédérale a fait droit à cette requête, exécutée aussitôt.

Depuis 2001

Les FDLR, créées en 2001, regroupent des Hutus rwandais qui vivent dans l'est de la RDC, région frontalière du Rwanda, et dont certains sont accusés par Kigali d'avoir participé au génocide de 1994 qui a visé principalement la minorité tutsie du Rwanda. Les FLDR sont considérées comme l'une des principales causes d'insécurité dans la région des Grands Lacs. (ats)

Ton opinion