Turquie : Le chef des services secrets brigue un mandat
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Turquie Le chef des services secrets brigue un mandat

Le puissant chef des services secrets turcs a démissionné pour se présenter aux élections législatives en juin, apprend-on dans les médias samedi.

Hakan Fidan, qui était le patron de l'Agence nationale de renseignement (MIT) depuis 2010, brigue un mandat politique.

Hakan Fidan, qui était le patron de l'Agence nationale de renseignement (MIT) depuis 2010, brigue un mandat politique.

Le patron des services de renseignement turcs (MIT) Hakan Fidan a quitté ses fonctions pour se présenter en juin aux élections législatives sous les couleurs du parti du président Recep Tayyip Erdogan, a rapporté samedi l'agence de presse gouvernementale Anatolie.

M. Fidan a présenté sa démission vendredi soir au Premier ministre Ahmet Davutoglu qui l'a acceptée, a précisé l'agence Anatolie citant des sources proches du chef du gouvernement.

Mandat brigué

En vertu de la loi turque, les fonctionnaires ont jusqu'au 10 février pour quitter leurs fonctions s'ils veulent briguer un mandat de député à l'occasion du scrutin prévu pour le 7 juin prochain.

Plusieurs titres de la presse turque ont affirmé ces derniers jours que M. Fidan, un proche du chef de l'Etat, pourrait devenir le prochain ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement islamo-conservateur qui règne sans partage sur la Turquie depuis 2002.

Patron des Renseignements

Né en 1968, Hakan Fidan était le patron de l'Agence nationale de renseignement (MIT) depuis 2010. Très proche de M. Erdogan, il était notamment chargé des pourparlers de paix avec le chef des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatistes kurdes) et associé de près à la politique d'Ankara contre le régime du président Bachar al-Assad en Syrie.

Après l'élection de M. Erdogan à la présidence en août dernier, le nom de M. Fidan avait circulé avec insistance pour le remplacer à la tête du gouvernement.

«Il s'imposerait comme étant le meilleur à n'importe quel poste», a récemment dit de lui à la presse M. Davutoglu, avant l'annonce de sa démission.

Le vice-Premier ministre Bülent Arinç s'est en revanche déclaré déçu par sa démission. «Je considère que voir quelqu'un qui accomplissait un travail de Superman entrer au Parlement pour devenir député est du gâchis», a déclaré M. Arinç sur la chaîne de télévision CNN-Türk.

Un vice-président du principal parti d'opposition, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), a pronostiqué, pour le déplorer, que M. Fidan deviendrait le chef du gouvernement après les prochaines législatives.

Etat d'espions

«Le nom du patron du MIT est plus connu que celui des ministres et même du Premier ministre», a constaté Veli Agbaba, cité par le quotidien Hürriyet, «la Turquie était un Etat policier, elle va devenir un Etat d'espions».

Pour le quotidien Radikal, Hakan Fidan exercera d'ici aux élections les fonctions de conseiller du Premier ministre.

De nombreux caciques du Parti de la justice et du développement (AKP) ne pourront pas se représenter aux législatives de juin prochain, victimes d'une règle interne à leur mouvement qui leur interdit de briguer plus de trois mandats successifs.

Parmi les candidats cités pour briguer un siège aux législatives à la faveur de ce renouvellement figurent, outre M. Fidan, l'actuel président de la compagnie Turkish Airlines (THY) Hamdi Topcu ou l'une des filles de M. Erdogan, Sumeyye.

L'AKP dispose de la majorité absolue au Parlement turc.

pa-sjw/bds (afp)

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