Bande de Gaza: Le chef du Hamas visé par Israël

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Bande de GazaLe chef du Hamas visé par Israël

Les hostilités entre Israël et le Hamas ont repris après la rupture du cessez-le-feu, faisant au moins 20 morts mercredi.

L'armée israélienne a tenté d'éliminer le chef militaire du mouvement palestinien lors d'un raid sur Gaza qui a coûté la vie à sa femme et son bébé. La flambée de violence a éclaté mardi soir, quand des roquettes tirées de l'enclave palestinienne se sont abattues jusqu'à Tel Aviv et Jérusalem, faisant quelques dégâts mais aucune victime. Israël a répliqué avec des frappes de représailles, faisant voler en éclats la trêve globalement respectée depuis le 11 août.

Ces violences ont coûté la vie à au moins 20 Palestiniens, dont neuf enfants. Le chef de la branche armée du Hamas, l'insaisissable Mohammed Deif, aurait échappé à la mort mardi soir lors d'un raid aérien qui a toutefois tué sa femme Widad et leur fils Ali âgé de sept mois.

Tous deux ont été mis en terre mercredi dans le camp de réfugiés de Jabaliya. Leurs corps étaient enveloppés dans le drapeau vert du Hamas. Quelque 2000 Palestiniens ont participé à l'inhumation, criant vengeance et dans les détonations de Kalachnikovs tendues vers le ciel.

«Portes de l'enfer»

M. Deïf est considéré comme le stratège de la campagne militaire menée par le groupe islamiste à partir des tunnels servant au ravitaillement du territoire placé sous blocus. Un responsable du Hamas a précisé que le chef militaire n'occupait pas la maison prise pour cible par l'aviation israélienne.

«Le chef des brigades al-Qassam, Abou Khaled (le nom de guerre de Mohammed Deif) est toujours vivant et dirige les opérations militaires», a dit un responsable proche du Hamas sous couvert de l'anonymat. Les Brigades al-Qassam ont promis d'ouvrir «les portes de l'enfer» pour Israël en représailles.

Tractations stoppées au Caire

La rupture du cessez-le-feu, qui expirait mardi à 23h00 (heure en Suisse), a stoppé les pourparlers de trêve menés depuis plusieurs jours entre Israéliens et Palestiniens par l'entremise des Egyptiens. Les tractations du Caire étaient censées transformer le cessez-le-feu en place en trêve prolongée.

Israël a rappelé ses émissaires quand la trêve a été rompue. Rien n'indiquait à ce moment-là que les deux belligérants aux exigences apparemment inconciliables pouvaient s'entendre non seulement sur une cessation des hostilités, mais sur des dispositions de fond censées garantir que les combats ne reprennent pas dans six mois.

Les Israéliens font de la démilitarisation de l'enclave une condition sine qua non. Ils répètent qu'ils ne négocient pas «sous les bombes». Ils ont à coeur de ne rien paraître concéder au Hamas, organisation considérée comme terroriste par Israël mais aussi l'UE et les Etats-Unis.

Ligue arabe à Genève

Les Palestiniens ont affirmé maintes fois qu'ils ne signeraient aucun accord qui ne prévoirait pas une levée du blocus israélien de Gaza. Malgré la reprise des violences, le président palestinien Mahmoud Abbas a entamé mercredi une visite à Doha où il doit avoir des consultations avec l'émir du Qatar sur la situation à Gaza. Sa visite était prévue avant la rupture du cessez-le-feu.

Par ailleurs, une délégation de la Ligue arabe est arrivée mercredi à Genève. Elle doit avoir des entretiens sur l'organisation d'une conférence sur l'application des Conventions de Genève dans les territoires palestiniens. Une rencontre avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est prévue jeudi.

Israël a lancé son opération «Bordure protectrice» le 8 juillet pour faire cesser les tirs de roquettes et détruire les tunnels d'attaque du Hamas. Depuis, plus de 2030 Palestiniens sont morts, majoritairement des civils. Côté israélien, 64 soldats ont trouvé la mort ainsi que trois civils. (afp)

Enfants tués

Mohammed al-Abeet, 16 ans, et son cousin de 11 ans Saher, ont trouvé la mort près de Deir al-Balah, a précisé le porte-parole des secours, Ashraf al-Qodra. Israël a lancé le 8 juillet une offensive sur la bande de Gaza pour faire cesser les tirs de roquettes palestiniennes sur son territoire. Le conflit a connu une accalmie de neuf jours avant de reprendre mardi soir. Depuis que les combats ont repris, au moins 20 Palestiniens, dont neuf enfants et trois femmes, ont été tués, selon les services de secours.

Parmi eux figurent la femme et le fils de sept mois de Mohammed Deif, le chef des Brigades al-Qassam, la puissante branche armée du Hamas qui contrôle Gaza, premières victimes mardi soir des nouveaux tirs des avions israéliens. Au total, depuis son déclenchement, la guerre à Gaza --la troisième en six ans dans l'enclave exiguë-- a fait au moins 2038 morts et plus de 10'300 blessés côté palestinien.

Depuis le 8 juillet, Israël a perdu de son côté 64 soldats, ses plus lourdes pertes depuis sa guerre contre le Hezbollah libanais en 2006. Cinq ont été mortellement touchés par des «tirs amis» venus de leurs propres rangs. Trois civils, dont un Thaïlandais, ont par ailleurs été tués par des tirs de roquettes.

Mise en garde du Hamas

La branche armée du Hamas a lancé mercredi une mise en garde aux compagnies aériennes internationales utilisant l'aéroport de Tel-Aviv à partir de jeudi matin.

«Nous mettons en garde les compagnies aériennes internationales et les incitons à arrêter de se poser à Ben Gourion à partir de jeudi 06H00» (03H00 GMT), a dit dans une allocution télévisée Abou Obeida, porte-parole des Brigades al-Qassam. Il n'a pas précisé la nature de cet avertissement, mais l'aéroport a été la cible de tirs de roquettes du Hamas.

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