Irlande du Nord - Le chef du parti unioniste DUP démissionne après 3 semaines
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Irlande du NordLe chef du parti unioniste DUP démissionne après 3 semaines

Ce départ renforce encore un plus l’instabilité politique en Irlande du Nord, sur fond de querelle à propos de la province britannique entre Londres et l’UE.

Edwin Poots, à Belfast le 17 juin 2021.

Edwin Poots, à Belfast le 17 juin 2021.

AFP

Le chef du Parti unioniste d’Irlande du Nord DUP, Edwin Poots, a annoncé jeudi qu’il allait démissionner après seulement trois semaines, alors que le parti pro-anglais est entré en crise quelques heures seulement après avoir installé un nouveau Premier ministre.

«J’ai demandé au président du parti d’entamer un processus électoral au sein du parti afin de permettre l’élection d’un nouveau chef du parti unioniste démocratique», a-t-il indiqué dans un communiqué. Plus tôt dans la journée jeudi, Edwin Poots avait désigné le député unioniste Paul Givan, 39 ans, un protestant fondamentaliste, au poste de Premier ministre d’Irlande du Nord.

Edwin Poots a déclaré qu’il allait démissionner à l’issue d’une réunion des députés du parti jeudi soir au siège du DUP à Belfast. «Le parti m’a demandé de rester en poste jusqu’à l’élection de mon successeur», a-t-il déclaré dans un communiqué. «Cela a été une période difficile pour le parti et le pays et j’ai transmis au président ma détermination à faire tout ce que je peux pour que l’unionisme et l’Irlande du Nord puissent se renforcer», a-t-il ajouté.

Gouvernance partagée

Plus tôt dans la journée, Unionistes et Républicains étaient parvenus à un accord pour maintenir une gouvernance partagée, avec un représentant de chaque camp à la tête de l’exécutif local, dans le but d’éviter une nouvelle crise dans la province britannique confrontée à des tensions post-Brexit.

Cet accord entre le DUP, attaché au maintien au sein du Royaume-Uni, et le Sinn Fein, favorable à une réunification avec l’Irlande, était intervenu à la suite d’intenses discussions sous l’égide du ministre britannique chargé de l’Irlande du Nord, Brandon Lewis. Cet accord semble donc désormais compromis par la démission d’Edwin Poots, qui fragilise également la position de Paul Givan.

L’accord de partage de pouvoir pourrait échouer et mener à l’organisation rapide de nouvelles élections, dans un paysage politique profondément bouleversé par le Brexit. Cet accord avait permis d’éloigner les craintes d’une nouvelle crise qui avait paralysé l’Irlande du Nord durant trois ans, à la suite de la chute du gouvernement sur fond de scandale financier. Un accord conclu en janvier 2020 avait permis de rétablir les institutions politiques de la province.

Le DUP et le Sinn Fein doivent se partager la gouvernance en vertu de l’accord de paix du Vendredi saint de 1998, qui a mis un terme à trois décennies de «Troubles» sanglants entre républicains (majoritairement catholiques) et unionistes (surtout protestants).

Contrôles douaniers

La dernière crise était née de la démission, comme Première ministre et cheffe du DUP, d’Arlene Foster, 50 ans, face au vif mécontentement de son camp sur les conséquences du Brexit. Elle était vilipendée pour son impuissance face à l’instauration de contrôles douaniers pour les marchandises en provenance de Grande-Bretagne, négociée dans le cadre de l’accord de Brexit et vue par les unionistes comme une atteinte à l’intégrité du Royaume-Uni.

En perturbant les échanges, ces dispositions douanières appliquées à la province pour éviter le retour d’une frontière avec la République d’Irlande et préserver la paix ont suscité un regain de tensions en Irlande du Nord. Des émeutes d’une violence sans précédent depuis des années avaient éclaté début avril.

Elles sont au coeur d’un différend entre le gouvernement britannique et l’Union européenne. Dénonçant une approche «puriste» de l’Union européenne, Londres tente d’en avoir une application plus lâche, tandis que Bruxelles l’appelle à respecter les engagements négociés dans le cadre du Brexit.

(AFP)

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