Cyber-espionnage: Le chef du Pentagone accuse directement Pékin
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Cyber-espionnageLe chef du Pentagone accuse directement Pékin

Le chef du Pentagone Chuck Hagel a profité samedi d'un forum sur la sécurité en Asie en présence d'une délégation militaire chinoise pour accuser Pékin de se livrer à l'espionnage informatique.

Un rapport du Pentagone au Congrès a dénoncé une vaste campagne d'espionnage informatique menée par Pékin pour tenter de collecter des renseignements sur les programmes de défense américains.

Un rapport du Pentagone au Congrès a dénoncé une vaste campagne d'espionnage informatique menée par Pékin pour tenter de collecter des renseignements sur les programmes de défense américains.

«Les États-Unis ont exprimé leur inquiétude sur la menace grandissante des intrusions informatiques, dont une partie semble liée à l'armée et au gouvernement chinois», a déclaré M. Hagel dans un discours devant les principaux responsables de la défense en Asie à l'occasion du forum sur la sécurité du Shangri-La Dialogue organisé chaque année à Singapour.

Parmi les délégués, dont de nombreux ministres, se trouvaient des militaires chinois, dont l'un des cinq chefs d'état-major adjoint, le général Qi Jianguo. «Nous devons reconnaître qu'il y a besoin de règles de conduite communes dans de nouveaux domaines», a-t-il ajouté, jugeant toutefois «positif» l'établissement d'un groupe de travail consacré à internet entre Washington et Pékin.

Vaste campagne

Début mai, un rapport du Pentagone au Congrès a dénoncé une vaste campagne d'espionnage informatique menée par Pékin pour tenter de collecter des renseignements sur les programmes de défense américains. Les accusations de M. Hagel interviennent quelques jours après la révélation que des hackers chinois ont réussi à pénétrer des systèmes informatiques comprenant les données de nombreux systèmes d'armes américains. Pékin a nié en bloc ces agissements.

Barack Obama, qui avait déjà évoqué des conversations «musclées» avec les Chinois sur l'espionnage informatique, devrait aborder ce dossier brûlant lors de sa première rencontre avec son homologue Xi Jiping les 7 et 8 juin en Californie.

Mise en garde voilée

Dans une mise en garde voilée, Chuck Hagel a également prévenu que malgré les coupes automatiques dans le budget du Pentagone, qui pourraient atteindre près de 500 milliards sur dix ans, le «rééquilibrage» des moyens militaires américains vers l'Asie-Pacifique se poursuivrait.

«Il serait imprudent et irréfléchi de conclure que notre engagement en Asie ne peut être poursuivi, particulièrement si l'on considère que même dans les scénarios budgétaires les plus extrêmes, l'armée américaine continuera de représenter près de 40% des dépenses de défense mondiales», a-t-il mis en garde.

Déploiement dans le Pacifique

Près de 60% des navires américains doivent à l'avenir être basés dans le Pacifique, ce qui est déjà le cas pour 60% des appareils de l'US Air Force qui ne se trouvent pas sur le territoire américain continental.

Les systèmes les plus modernes de l'arsenal américain seront déployés avant tout dans la région, comme le futur bombardier à long rayon d'action, un sous-marin d'attaque supplémentaire à Guam ou le F-35, et les exercices avec les forces armées asiatiques continueront de se développer.

Le ministre américain a toutefois vu dans la multiplication des contacts entre militaires américains et chinois l'espoir de donner un «caractère clair et prévisible sur les intentions stratégiques futures de chacun». Il recevra ainsi son homologue chinois Chang Wanquan au Pentagone en août.

Il a également réaffirmé que Washington saluait la prise de responsabilités de Pékin dans la région et que la stratégie américaine n'était pas dirigée contre la Chine.

Malgré ces assurances, «la Chine n'est pas convaincue», a affirmé au ministre américain un membre de la délégation chinoise, le général Yao Yunzhu.

Au cours de son intervention, le ministre américain a par ailleurs annoncé qu'il se rendrait à Brunei fin août pour une réunion des ministres de la Défense de Association des nations de l'Asie du sud-est (Asean) --dont les États-Unis ne font pas partie-- et propose d'organiser une réunion de l'Asean l'an prochain à Hawaï. (ats/afp)

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