Trafic de cocaïne: Le chef du réseau voit sa peine majorée en appel

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Trafic de cocaïneLe chef du réseau voit sa peine majorée en appel

La cours d'appel du Tribunal cantonal vaudois a condamné à 15 ans de prison ferme le chef d'un réseau de trafic de cocaïne. Une peine plus lourde que celle infligée en première instance.

La cour d'appel du Tribunal cantonal vaudois a condamné mardi le chef d'un réseau de trafic de cocaïne à quinze ans de prison ferme pour infraction grave à la loi fédérale sur les stupéfiants. Ce Nigérian de 39 ans avait fait livrer en Suisse plus de 8 kilos de cocaïne pure.

En première instance, l'homme avait été condamné en janvier 2012 à douze ans d'emprisonnement par le Tribunal criminel de Lausanne. La cour d'appel a partiellement admis le recours du Ministère public, qui a requis seize ans d'emprisonnement. L'appel de la défense, qui concluait à une peine «réduite de manière substantielle», a été rejeté.

Peine majorée

La majoration de la peine prononcée en première instance se fonde notamment sur le rôle de chef du condamné au sein du réseau et sur «l'intensité très élevée» du trafic. Les juges ont également tenu compte de «l'égoïsme» de cet homme que les risques pris par les mules ont toujours «laissé froid» et qui a montré «peu d'égards pour les consommateurs», alors qu'il «fait lui-même attention à sa santé» en s'abstenant de boire et de fumer.

A charge, le jugement retient encore la «situation aisée» de l'homme, qui était «un notable» dans son pays, à la tête d'un commerce licite d'import-export qui lui permettait de vivre. Le Ministère public s'est dit «pleinement satisfait» par le jugement rendu.

Réseau international

Avec deux associés vivant également au Nigeria, le condamné était à la tête d'un réseau international de trafic de cocaïne entre l'Afrique de l'Ouest et plusieurs pays européens. En Suisse, la drogue était livrée à l'un de ses amis, qui la transmettait à son tour à divers revendeurs, principalement du côté de Lausanne.

Certains des transports étaient directement effectués depuis le Nigeria, par des mules que l'homme avait lui-même recrutées. D'autres transporteurs, européens, passaient par un réseau mis en place par un complice aux Pays-Bas. L'argent découlant des ventes était ensuite rapatrié au Nigeria.

Quantités importantes

Du 7 janvier au 1er décembre 2009, le réseau a acheminé en Suisse plus de 40 kilos de cocaïne au taux moyen de pureté de 46%, équivalant à plus de 17 kilos de cocaïne pure. La marchandise était revendue à l'ami du condamné pour 31'000 euros par kilo.

De janvier à août 2009, au moins quinze voyages ont été réalisés par quatre mules, par l'intermédiaire du réseau néerlandais. C'est suite à l'interpellation de l'une d'entre elles par les douaniers suisses en mai dans un TGV Paris-Lausanne que l'enquête a été ouverte.

Les agents ont découvert 3,2 kilos de cocaïne cachés dans des briques d'eau minérale. Entre mai et décembre 2009, les mules nigériennes ont effectué au moins dix transports directs entre le Nigeria et la Suisse, la marchandise dissimulée dans leur estomac.

Implication confirmée

Tout comme les juges de première instance, les juges cantonaux ont retenu que le condamné est impliqué dans le transport d'au moins 6,5 kilos de cocaïne pure depuis le Nigéria. Pour les portages effectués depuis les Pays-Bas, sa participation a été estimée par le Tribunal cantonal à «au moins deux kilos».

La défense demandait une réduction de la peine, aucun élément de l'enquête ne prouvant selon elle l'implication du Nigérian dans les livraisons effectuées depuis les Pays-Bas. La Cour a rejeté ces conclusions, considérant les éléments factuels réunis par les enquêteurs suffisants.

(ats)

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